jeudi 13 août 2020

Nous, III

 



« Cela ne m’intéresse pas de croire. J’ai quelques sens, je les utilise au quotidien. Plus ma sensibilité, mon hypersensibilité et mon hypra sensibilité.

 

 Aucun être logique un tant soit peu ne peut m’en vouloir. Cela ne m’arrête pas plus que cela. Je veux admirer, respecter, voir et peser l’étendue d’une réflexion, d’une construction. L’éducation est au-dessus de tout, j’aime. Et puis à chacun, son cheminement actif, voyant, curieux, initiatique, de Sa vérité. Je suis sans voix.

 

La Terre est le pays de tous sans discrimination aucune. Et moi qui suis père de deux filles, me voilà serein. J’ai visité les Jardins de Haïfa, j’y ai trouvé un apaisement rare. J’aime deux fois l’an m’y rendre. Paix et tolérance.

 

J’avoue que c’est un choix au vu des préceptes intéressants qui définissent cette pensée. Je reste libre et rien que pour cela, il n’y a que du désir : Savoir au quotidien. »

 

Il souriait. Nous sourîmes tous de sa sérénité.

Femmes, brisez vos chaînes, brisez leurs chaînes ...





Femmes, brisez vos chaînes, brisez leurs chaînes

Je n’aime pas spécifiquement qu’un jour soit dédié à la femme mais pourquoi pas, pour celles et ceux qui le souhaitent …

Voilà un être obsessionnel pour les hommes depuis le début de l’Humanité.
Voilà un être dominé, mutilé, écrasé, humilié, exploité, terrorisé, capturé, brisé dans sa chair …

Effroyable histoire des femmes, ce qu’il y a de pire dans les exactions humaines. 

Inénarrable, inexcusable, impardonnable.

Quelquefois les femmes elles-mêmes ont laissé faire, syndrome de Stockholm, dans tous les cas Syndrome de Stockholm, asservissement, silences et tellement de Peurs.

J’ai mal à l’Homme pour la Femme. Mais je réagis et j’agis. Praxis et praxis.

Alors Femmes, levez-vous, restez debout, défendez-vous, faites face, empoignez cette fange de l’Histoire, de la petite histoire en réalité, si mesquine, mais si indigne de l’Humanité. Pour vous, pour vos fils et pour vos filles, levez-vous, corrigez la marche du monde, ouvrez l’œil sur le Savoir, cherchez le vrai à la loupe, ne subissez pas, comprenez votre Histoire, examinez, soyez rationnelles, cherchez ce qu’il y a de plus convaincant, ne vous laissez pas leurrer.

La liberté est la seule richesse qui vaille parce qu’elle est intelligence, d’abord et avant tout. Seulement intelligence, perception vive des choses. Que de mensonges pour vous brimer, vous assujettir, vous faire taire, vous cacher, vous commander, vous couvrir, pour une seule et unique raison : faire de vous un être de seconde zone, vous boire à la lie.

Indignez-vous. Agissez. Ne laissez pas votre émoi humain prendre possession de votre force mentale. Luttez, corrigez, soyez fortement existante.

J’ai fait ma part avec les miens, tous, faites la vôtre. Continuons jusqu’au moment ultime.

Quel magnifique tracé ! A cassez des chaînes au quotidien, laborieusement. Avec nos égaux.




#fière

mardi 4 août 2020

Nous, II








« Quand j’étais jeune, ce genre de questions ne me dérangeait pas trop. Mais maintenant, honnêtement, je change de sujet. Je n’ai pas de réponses à cela et puis quelle utilité ?

Du Hugo, dans ce qu’il a de plus niais : le ciel, les étoiles la terre, le soleil … 
Du Sganarelle aussi, avec cette colère de voir son édifice - de nuées - ébranlé. Mais mes références se perdent tous les jours un peu plus.

Je sais que tout est mythe en croyance, que cela a opéré et que cela opère encore. 

Finalement, l’homme est toujours fragile et l’épopée lui fait grand bien. Il a aussi grandement besoin d’ascenseur émotionnel : peurs, pleurs, sérénité et joie. Recueillement surtout. 

Moi, je crois en la vie. Nous venons au monde, nous y vivons et nous y mourrons. Et l’important est le tronçon et la praxis. Longtemps après moi, les miens tiendront mes préceptes, ils y ajouteront les leurs et le tout est de garder intacte la base foncièrement rationnelle. Je n’ai rien contre les yeux écarquillés et puis, le bonheur est possible. Ce n’est pas comme si le rationalisme empêchait d’être heureux. Par contre, il écarte d’un revers de la main, avec fermeté et détermination, le mensonge. 

Voilà pour moi. »

Sourires.


dimanche 2 août 2020

Nous






I.

Mon père est musulman de naissance. Je ne l’ai jamais vu pratiquer. Un homme moderne pour son temps et qui détestait la femme soumise. Surtout ses filles. Je crois.

Ma mère est russe, elle a été athée pendant vingt-cinq ans et quand la Russie se disloqua et que les pouvoirs perdirent leur mainmise sur l’exercice religieux, elle décida de devenir croyante et trouva au sein de l’église orthodoxe, le lieu de rencontre des membres de sa communauté. Pourtant, elle vivait très loin de la Russie mais suivit scrupuleusement les diktats bolcheviques. La peur enracinée, sûrement. 

Moi, je suis athée depuis mes seize ans et j’ai du mal à comprendre comment la majorité continue à croire en un être absent. Tellement absent. Mais je sais cet amour. Enfin, je le savais adolescente. Cette poésie, ces emportements, cette émotion, cette osmose, cette écoute. J’étais adolescente. Pas eux. 

Ma sœur est bouddhiste. L’Asie la fascine. Elle y alla la première fois à vingt ans et depuis y effectue des séjours de plus en plus longs. Mon frère est bahaï. Il est tombé amoureux de cette religion qui accorde une place de choix à la liberté et qui considère l’éducation comme un pilier fondamental. Il adapta cette religion à ses normes personnelles bien entendu et se dit heureux d’appartenir à cette communauté. 

J’adore nos réunions de famille, deux fois par an. Chacun fait part de ses convictions intimes ou consenties, de ses rencontres, des livres lus et des conférences suivies. Le mot d’ordre tacite était de s’écouter les uns les autres et de ne surtout pas faire de prosélytisme. 

lundi 20 juillet 2020

La Blessure







Cabinet de coaching psychologique et Pnl
Kh-Mer



« Coach, c’était les mêmes recommandations depuis très jeune. Fais attention, sois méfiante, ne te fie pas à eux, tu seras sollicitée, sois vigilante et dis-moi tout.
Je vous ai parlé de l’Ile, vous vous en rappelez ? Pourtant, j’étais dans une aridité totale sur le plan affectif et je ne m’étais pas lâchée. Je ne me lâche jamais. 

Le ténébreux, c’était une construction. Sans cela, je ne peux pas. Et puis, les choses ont pris tellement de temps. J’avais un tel respect pour sa retenue, sa dignité et sa fierté. Il avait tout compris. Et tout était placé sous le signe de l’échange intelligent. En même temps, il y avait quelques avantages. Certes.

Mon géniteur n’a pas fait les choses à moitié. TU décideras selon tes convictions profondes.
M’a-t-il rendu service ? Oui et non. Plus non que oui, je crois aujourd’hui. 

Des traces sinon de résistance. Bien sûr, j’avance parce que mon entendement gère tout. Mais de voir la légèreté des autres, je souris. Mais je n’aime pas. Je ne juge pas non plus. Ce n’est juste pas pour moi.

Mon géniteur, mon regard écarquillé, Sobel, ma rigidité caractérielle choisie, consentie avec moi-même et de l’autre côté les montres coulantes de Dali. Tant pis. Je ratisse mon jardin. Ce n’est pas plus mal.

Alors oui, je construirai si je le peux. C’est le prix de la résistance. J’ai longtemps gardé la blessure. Je ne la rouvrirai pas aujourd’hui. C’est ce que je ne vous ai pas dit Coach. »

lundi 13 juillet 2020

Bénédictine






Cabinet de coaching psychologique et Pnl
Kh-Mer


Carnets de psy


« J’avais 15 ans, une enfant. Mais pas vraiment. Puisque je ne connus jamais l’adolescence. Sérieuse, liseuse, silencieuse, une bénédictine. Dans mon repaire de livres tapissé, j’étais quasi à l’étude, à lire, à écrire et à réfléchir. Scribe.

Une percée. Repérée, pesée, aimée, hantée, habitée, lorgnée, désertée …

Je suis éreintée d’avoir cru, regardé, suivi, aimé, structuré, tant donné, consolé, rassuré …

Mon livre est lourd de mots et les bras m’en tombent. J’ai de la pesanteur dans les os. 

Mes rêves, mon édifice, mon repaire de Beau … On a voulu me les voler, me les incinérer.
Quelle bêtise quand on s’aime plus qu’on aime, ou qu’on veuille l’autre à sa taille.
Il fallait se vêtir de près parce que je refuse d’être rétrécie.

Aujourd’hui, les mots qui restent au-dessus de tout, n’ont pas l’encre qu’il leur faut, ni l’étude quiète. J’ai une pesanteur dans les os.

Alors, ne me parlez plus du jardin d’Eden. Il y faut des fleurs et des fleurs, des senteurs et de l’air libre. Parce que rien ne comprime les mots. Drus. 

Je crois que vous ne me saisissez pas coach. Pas du tout. »

samedi 11 juillet 2020

La plus tranquille des Intranquilles





Cabinet de coaching psychologique et Pnl
Kh-Mer.


Carnets de psy.




I.

« Mon amour, me dit-il. 
Comment ne pas saisir la portée des mots. Non, ce n’est pas cela aimer. C’est trop réducteur. Et puis je n’en ai cure. Parce qu’aimer c’est s’aimer. Et moi, je veux marcher le long de la mer avec une intelligence mesurée.

Comment peut-on dilapider ainsi les mots dans l’interstice des temps décomptés ? 

Non, je ne transcrirai plus tes mots dans le livre trop rempli de ma vie. Ce sont des graffitis à la hâte. Je suis la plus tranquille des Intranquilles et je connais trop la valeur du signifiant.»




II.

« C’était une vieille bâtisse d’allure coloniale. Personne n’y avait été heureux depuis plus de soixante-dix ans. Sauf Sieur Moi. Enfin pas vraiment heureux. J’ai triché, en réalité, mais cela m’a donné un sentiment de puissance.

En haut de ce Val dans ma guimbarde de souris, tout en haut, j’ai aussi voulu avoir ce sentiment de puissance. Sans succès. 

Je suis plus qu’un égaré de la tête, celle-là, dans laquelle, je vis depuis plusieurs décennies.
J’ai quelques moments de saisie de l’extérieur, bien sûr, mais il me faut une moitié de journée seul ou avec tous les autres, seul dans ma caboche.

Je me suis laissé entraîner dans le monde il y a peu mais je m’en sors toujours avec le même sentiment de dégoût. C’est à croire que le dégoût est en moi. 

Je comprends tout mais je suis confus et le rangement n’est pas dans mes cordes. Alors je prends ma guimbarde et je retourne sur mes pas de l’aube. Heureusement, il fait nuit. La journée est derrière. 

Je suis peut-être un méchant qui fait semblant d’être humain. Je ne sais plus. Il y a les accords d’il y a 50 ans, les accords d'il y a 30 ans, les accords d’hier et les désaccords de toujours. Alors laissez-moi avec moi-même jusqu'à ce qu'il fasse tard. »