lundi 30 juillet 2018

Ruptures

Votre quant-à-soi est sècheresse, aridité, remous de l'enfant martyrisé, de l'adolescent en quête de sens, de l'homme replié jusqu'aux portes de la Folie.

À peser et à soupeser, à millimétrer et à distendre.

Colère et obsessions, divagations et dérives probables, violence du faire quand l'essentiel est juste de dire et d'aimer.

Imbroglio d'un être en déroute, un enfant qui envoie des bouts d'éléphant sur les murs, comme les grands. Car, seuls leurs regards comptent, aimés et haïs à la déraison. Or, juste aimer, est un geste d'homme mature.

Et puis posséder, et encore posséder dans le silence lourd de supputations et de rancœurs, posséder ce qui n'est pas à soi, parce que soi est la propriété des autres. Vue courte et existence bradée à attendre pour n'avoir pas à faire et pourtant des pépites existent.

Voler est un geste de liberté pure.

dimanche 29 juillet 2018

Confessions intimes



Je me suis engagée à 16 ans avec un Monsieur de quinze ans mon aîné avec lequel je ne partageais que l’intelligence. Mais quelle intelligence ! Un monsieur libre, rebelle, curieux de la chose intellectuelle, calme et stoïque extérieurement, fougueux intérieurement, de cette passion des réservés, des artistes-nés et des amoureux du Savoir.

Une vie forte intérieurement, très forte de sentiments puissants et, après, de distances inéluctables. Parce qu’il y a la société, les barrières, la différence dérisoire mais agissante, les autres et les déformations de l’âge.

Aujourd’hui certaines odeurs restent fortes et surtout mobiles, elles vous remettent le passé sous le nez avec tous ses effluves et cela remue le cœur. Le jasmin d’Arabie que je m’offre tous les soirs. Puissante émanation de vie, d’amour et d’immortalité.

Oui la vie est sublime dès l’instant où l’immortalité apparait comme certaine, comme une offrande rare et divine. Divine d’amour mais aussi et surtout de compréhension, de signifiances diverses, de captation d’une vérité suprasensible.

J’ai vécu cela dans les profondeurs de l’amour désintéressé, l’amour de l’autre si différent mais si riche humainement, si heureux de t’avoir. Quelle reconnaissance Cher Monsieur !

Et puis cet apprentissage des gestes du corps habillés de découvertes de sens. Je me souviens de ces journées de labeur, parce qu’il faut s’inscrire dans la réalité, où au retour, l’impatience d’aller vers l’autre dictait la vitesse du véhicule. L’autre et les signifiances, une découverte des richesses de la pensée humaine : philosophie, cinéma, poésie, littérature, mythologie, astrophysique, jeux de mots … Avec la certitude d’arriver à toutes les réponses. Et la boulimie du corps à chaque bonheur de l’esprit.

Et puis au milieu de la vie, le claquement de la vie de ce Monsieur pourtant seul au départ, père adoré, époux aimé à sa juste valeur dans un milieu mien où on vous dégaine l’arbre de l’aïeul.

Vacuité de personnes creuses à l’infini qui ne possèdent que des noms et de la terre, c'est-à-dire Rien.

Parce que la vie n’est rien d’autre qu’une construction personnelle où le tout est l’Authentique.

Pensée à ce Monsieur de notre vie qui manque cruellement. Le rêve d’immortalité est peut-être possible encore, petite pierre dans un édifice bancal de temps en temps, où me reviennent nos envolées lyriques et philosophiques sur l’impératif de Vivre.











lundi 9 juillet 2018

Du Bey, de Bourguiba et de la Femme


"Chacun de nous a une partition à jouer, lui dit-il.
Et, immédiatement, elle pensa : pourvu qu’elle soit correcte, ou mieux belle, ou idéalement sublime."

Le pouvoir dans une république est vol. Au détour des voix. Le vox populi est un leurre et il n’y a de vrai que l’accaparation du pouvoir.

Quant aux monarchies, elles ne sont que discrimination et autorité arbitraire.

De quel droit et au nom de quoi une caste s’octroie-t-elle le droit de commander aux autres ?
Aux origines du pouvoir royal, l’usurpation s’est toujours faite par la violence, le sang, le grand nombre, les lopins de terre et le nombre de têtes de bétail. C’est selon.

Le principe même de la royauté, qui n’a dans l’absolu, et aussi loin que l’on puisse remonter, aucune légitimité, ce principe, donc, est fondamentalement sanguinaire.

« Je suis plus fort que toi, je possède plus que toi, j’ai à ma solde une horde que je nourris, je suis donc en droit de te commander, de t’écraser, de te faire taire ou, s’il y a sédition, de te tuer. »

Juillet 2018, Tunis, Tunisie.

La Tunisie d’aujourd’hui, à maints égards, politiquement, vous fait saisir, pour peu que votre regard soit acéré, toute la laideur de la prétention au pouvoir. Les lendemains d’une Grande émeute appelée assez rapidement révolution. Conséquent.

Si le pays tente de mettre en place une vraie démocratie tant bien que mal, si le pouvoir est globalement entre les mains de deux factions amies-amants-ennemies - plus chez l’une que chez l’autre – et  bien que la société civile soit aux aguets, bon nombre de dépassements existent sous des allures pseudo légales. Des dépassements motivés par l’appât du pouvoir.

Ainsi en va-il de HCE, fils du Président de la République et de tous ses suiveurs, ou ses mentors ou encore ses supporters, des individus d’utilité politicienne peu éthique : barbouzes, nostalgiques du parti unique, hurleurs, des Goebels du deuxième millénaire, des richissimes blanchis …

Et pourquoi pas, a-t-on entendu, puisqu’il aime la politique ?

Ne devrait pas aimer la politique qui veut. Sinon Bahri Je-ne-sais-quoi aussi, avec son slogan phare, le mariage des mineurs de 12 ans.
Sinon le hold upeur de l’argent libyen.
Sinon bientôt Le Maaloul national.
Sinon tous ceux qui n’ont pas de métier aussi mais qui disposent de tous les bandits de leur localité.

Et puis, il y a les nostalgiques de l’Histoire. D'autant que les belles idées agitées en ce moment ou depuis un temps déjà, leur sont sympathiques.

Il est vrai aussi que l’heure est à l’interrogation de l’Histoire. Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Sommes-nous des Arabes ? Qui était Bourguiba ? Était-il un libérateur ou simplement un exécutant à la solde de l’Occident ? 
Bien entendu, les thèses complotistes, toujours au rendez-vous, ont afflué. La franc-maçonnerie, Satan, les illuminati et autres grotesqueries. 

Les adeptes de la monarchie reprennent du métier et, selon leurs dires, uniquement pour réparer l’Histoire, faire valoir les réalisations du beylicat et reconnaitre son amour du peuple. Il y eut quelques rares monarques réformateurs, ce n’est pas faux. Mais quand le principe même de la monarchie est irrecevable, c’est presque peine perdue. Et ce ne sont pas les 250 ans de règne qui vont y changer quelque chose. 
Maintenant, l’Histoire doit pouvoir rendre compte des réalités du passé mais nous convenons tous qu’il y a plusieurs histoires avant d’arriver à La plus objective.

Les adeptes du passé monarchique, avec lesquels il y eut quelques échanges récemment, avancent des arguments biaisés et peu consistants quand ils ne sont pas complètement subjectifs et futiles : « les bijoux de famille, la déposition de feu Lamine Bey et les conditions de son exil, sans vêtements de rechange, sans jugement, jurer sur le Coran et trahir, « nos biens », sacrifier une dynastie en 57 alors qu’elle évoluait … »

La douleur des descendants de la première ligne est compréhensible mais ce n’est pas l’Histoire plutôt le deuil familial. Et aller jusqu’à avancer que la non-reconnaissance des bienfaits du beylicat doterait la Tunisie de « trois millénaire d’inutilité » est du pur Grotesque. 
L’Histoire exige de nous de l’objectivité et que de l’objectivité, chose difficile certes mais de première et d’incontournable nécessité.

Les politiciens sont des briscards, voilà un pléonasme ! Des roublards, des criminels potentiels … 

Depuis quand fait-on dans la dentelle en politique ? 

Un bey qui dépose son père, un frère qui fomente contre son frère au pouvoir, un neveu qui  tue son oncle – Hussein ben Ali en l’occurrence - une épouse qui s’apprêtait à évincer son époux … Ou encore, dans le détail et en république  : les écoutes téléphoniques sous Mitterrand, les emplois fictifs sous Chirac. Et bien plus loin, en mythologie, l’enfant « aux pieds enflés », de son nom Œdipe qui fut sorti de Thèbes et donné à une nourrice pour que la prophétie de tuer son père, de se marier avec sa mère et de régner sur le pays ne se réalise pas. 
La mythologie avec ses innombrables ramifications donne à voir le comportement humain dans toute sa splendeur mais aussi dans la vaste étendue de sa cruauté.

Oui, les politiciens sont capables de tout pour s’accaparer du pouvoir d’où la nécessité des lois, les seules à même de structurer l’homme, de greffer en lui le respect et l’obligation de s’y tenir, d’autoriser un vivre social possible. Les lois, des textes-phares, des textes réglementaires incontournables et séculiers, surtout.

Nous tentons, ici, une lecture objective sans y prétendre plus que cela. Les histoires de familles violentées sont douloureuses, marquantes mais restent des histoires de famille. Maintenant, les familles  qui sont au cœur du pouvoir en jouissent en long et en large jusqu’au retour de la manivelle.

Les beys ont été malmenés, Bourguiba a, peut-être, été malmené, les proches des Ben Ali aussi : le prix du pouvoir, après des siècles ou quelques décennies.

La 2ème république a été celle de la honte, de l’appât, du détournement et du vol ( de l’ignorance aussi, érigée en programme national, un autre débat possible. ). Sur ce plan-là, Bourguiba a été intègre et l’Histoire le lui reconnait. Et aujourd’hui, on se trouve avec trois familles qui demandent réparation mais réparation de quoi au juste ?

Lors d’un échange virtuel, la chose fut dite et l’ironie a été mal perçue. Or l’ironie est un procédé de critique vieux comme le monde et il n’y a qu’à étudier Voltaire et le XVIIIème pour s’en rendre compte. Et le pire, c’est que les derniers plaignants, chronologiquement, semblent le plus à même de récupérer « leurs biens ».

D'ailleurs, ils en sont où les meneurs de la Holding Karama, chargée de la saisie des biens Ben Ali-T ?
Et cette IVD de la justice transitionnelle, de quelles façons a-t-elle opérée ?
Pourquoi donc a-t-elle privilégié certains contre d’autres ?
Et pourquoi, d’un autre côté, dédommage-t-on ceux qui ont choisi de s’inscrire dans l’opposition et qui se sont trouvé à un moment ou à un autre face à leurs bourreaux ?
Militer est un choix de vie, un choix patriotique qui devrait se passer de toute réparation. Sinon, les choses ont d’autres noms : quête du pouvoir et opportunisme.

Les ramifications de la pensée nous font ouvrir des portes et des portes …

Interroger l’Histoire est légitime et surtout nécessaire. C’est le travail des spécialistes. Nous, par contre, essayons ici et là de donner notre sentiment, notre conception de l’écriture de la mémoire des hommes et il est crucial de dévêtir son regard de tous les oripeaux de la subjectivité et de la nostalgie personnelle.

La Tunisie, notre terre à tous, a une vie mouvementée depuis la Préhistoire et jusqu’à nos jours. D’une colonisation à une autre, son peuple résiste et on ose espérer aujourd’hui que cela continue. Des Capsiens à la France, en passant par les Puniques, les Vandales … les Arabes, les Espagnols et l’Empire ottoman, nous retenons que la résistance des autochtones a été notable, notamment celle des berbères qui ne se sont jamais soumis. 
Le mouvement nationaliste pour la libération du pays durant la colonisation française a vite fait émerger un nom : Habib Bourguiba, le Néo-Destour, l’époque des premiers grands diplômés, Sadiki, Carnot, La Sorbonne, le Droit.

Bourguiba n’était pas seul mais il a vite pris le monopole et, ensuite, il refusa tout nom à même de toucher à son leadership. Le personnage était fougueux, insolent, arriviste, courageux de ce courage et de cette témérité de cette époque-là.

Dernier né d’une fratrie de huit enfants, de famille fort modeste, les ingrédients du génie somme toute et du génie, il en avait. Ses 20 glorieuses vont de 55 à 75 avant la maladie, l’amour épique et passionné de la patrie, la détestation des rivaux, le culte de la personne, l’entourage véreux, les manipulations de toutes sortes … La fin du règne de HB fut lamentable, l’épouse, la nièce, l’omerta … 
Bouteflika, aujourd’hui, et tout le ridicule pendant au nez du peuple.

Mais Bourguiba fut un homme de principe et un intègre pur. Il rabroua tous ceux qu’il sentit d’instinct peu enclins à l’exercice du pouvoir, son fils compris.

A-t-il trahi Lamine Bey ? Bien entendu. La politique est d’abord cela. 

Voilà un jeune avocat téméraire et rusé craint par le colon à la tête du Néo-Destour qui ne lâche pas prise et qui est foncièrement hostile à la colonisation. Lamine Bey le considérait comme un fils mais la politique n’est pas une affaire filiale. Et puis Lamine Bey qui était un monarque foncièrement honnête, depuis son refus d’accéder au trône, à l’éloignement de Moncef Bey, à son rapprochement des membres du Néo-Destour et, jusqu’à la fin de ses jours, n’était pas non plus un bey fougueux. 

Sa nature première, les conditions de son intronisation en 43, le fait que sa tâche s’est souvent limitée à l’apposition de son sceau sur les textes de loi, les défenseurs du Moncéfisme, Moncef Bey lui-même haut personnage du beylicat, son aura, d'autres tenants ... ont souvent fait sentir à Lamine Bey qu’il n’était pas légitime.

Il ne se sentit réellement monarque qu’après la mort de Moncef Bey en 48. Il eut une période de vrai travail politique quand il se rapprocha des manœuvres du Néo-Destour et grande a été sa volonté d’être acclamé par son peuple après une longue période de peur d’être écarté. 
Lamine Bey a été, de par son naturel fin et honnête, peu rompu à l’exercice politique, c’était pourtant un patriote et un vrai. Mais l’honnêteté ne fait pas l’homme politique. Et puis sa réputation de bey qui ne se déplace jamais, sa maladie n’ont pas été des facteurs de ragaillardise. 
Pourtant Bourguiba brilla à Paris dans l’exposé de son programme nationaliste de concert avec Lamine Bey qui fut acclamé à Kairouan et à Sousse, ses seuls déplacements à l’intérieur du pays.

Et R. Schuman, ministre des AE, avec la nomination de L. Périllier, résident général,  en 50, déclare que la mission de ce dernier est d’amener la Tunisie vers son autonomie interne.

Retour, alors, de M’Hammed Chenik, le grand visir de Moncef Bey, sollicité par Lamine Bey.

Notons bon nombre de réactions-phare de Lamine Bey : son refus de lancer un appel au calme lors de nombreux embrasements de la Tunisie tant que Bourguiba et ses compagnons demeurent emprisonnés notamment après l’arrestation de tous les ministres du gouvernement Chénik.

Travail avec de nombreuses personnalités tunisiennes réunies par le bey sur le mémoire des revendications tunisiennes présenté à La France, jugées insuffisantes, sans réel aboutissement. 
Le bey fut d’abord éloigné du Néo-Destour par le gouvernement français pour finalement ne négocier les accords de l’autonomie interne qu’avec les Néo-destouriens et à leur tête Bourguiba …

Bon nombre également de discernement mais aussi d’erreurs : Signer des décrets parce qu’affaibli, notamment celui plaçant Slah-Eddine Baccouche 1er ministre en 52, un visir imposé par la France. 

Autre grave erreur : demander à la France d’échanger le beylicat contre une royauté ( en 54 ) - et donc ne pas autoriser une souveraineté interne – ce qui, dans son esprit, lui donnerait une bien plus grande autorité. La France avait déjà écarté Lamine Bey de toutes les négociations qui se faisaient désormais,  à Paris, avec Bourguiba transféré en France de La Galite en 54.

De même, Lamine Bey n’a pas su arbitrer les affrontements entre Bourguibistes et Youssefistes qui, pourtant, venaient souvent exposer leurs vues respectives au Palais de Carthage.

Vieux Monsieur, son discours était foncièrement paternaliste et ne retenait pas deux fils rebelles qui opéraient autrement et si Bourguiba s’était, rapidement, affranchi du bey et avait commencé à réfléchir à un scénario républicain depuis la remise du Nichan El Eftikhar en 54, nous semble-t-il, décoration reçue en 50, Salah Ben Youssef, moins intrépide, resta dans l’entourage du Bey espérant évincer Bourguiba, avant de s’enfuir en 56.

Par ailleurs, faire appel à la France à chaque faiblesse alors que cette dernière a délégué à l’administration tunisienne la gestion notamment des forces de police - nous pensons à la demande faite par Bourguiba pour faire intervenir le 8ème régiment des tirailleurs tunisiens toujours sous autorité des officiers français dans l’affrontement qui l’opposait aux Youssefistes - et à partir de là, le refus du Bey de signer des décrets. 

Il nous semble que la fin de la monarchie est visible sur document avec la non-ratification du Protocole d’Indépendance par Lamine Bey, Bourguiba considérant la Tunisie indépendante via précisément ce Protocole qui n’avait pas besoin d’être ratifié ni par le bey ni par La France.

En outre, qu’il fut demandé à Lamine Bey de quitter les lieux à la 1ère audience de l’Assemblée Constituante, le 8 avril 56, par Tahar Ben Ammar est la marque même de son isolement et le début d’une série d’exactions à son encontre. A commencer par la modification des armoiries du royaume. 

Le reste est de la petite histoire, douloureuse pour le bey et ses proches, mais qui revêt un aspect historique aux yeux de celui qui interroge l’Histoire sereinement. D’autant que le même scénario a été écrit aussi bien pour Bourguiba que pour les T. Toutes proportions gardées, du moins dans les détails. Et surtout quant à la nature des personnages.


Et que feu Lamine Bey ait été le premier à apposer son sceau – duquel il menaça nombre de fois - sur des décrets non revêtus du visa résidentiel ou bien qu’il fut le premier à être décoré du tout Nouvel Ordre de l’Indépendance, ne changea en rien son, désormais, statut de souverain écarté, déchu et malmené par le fils rebelle, ingrat, arriviste, pressé, bâtisseur, libérateur, politicien hors pair, violent, novateur, moderniste, dictateur … Un politicien à l’étoffe des géants.

Soixante ans après l’Indépendance, on entend dire par un monarchiste de famille et non de conviction personnelle : « Nous n’avions pas besoin pour nos femmes, d’un modèle aussi occidental dans un pays conservateur où il faut savoir, pour faire avancer les choses, adopter la carence des sujets. »

Comme si la liberté est fractionnable et comme si le changement et, surtout l’avancée, supporte la vitesse de M. Tout le Monde.

Non, la Femme tunisienne ne sera plus une monnaie d’échange.

Un bout d’Histoire d’une lucarne qui se veut objective.

dimanche 1 juillet 2018

Écrits d'été : les Peoples

Meghan l'épouse d'Harry est une tunisienne, pour sûr. Et nous sommes catapultés dans les années 40 ou 50. Tous les jours, elle met ses plus beaux atours et sort avec sa belle-Mom, la reine Élisabeth ici. Alors ses chapeaux, ses ensembles de mariée, ses sacs et ses fleurs de main. Tout le monde félicite la jeune mariée et beaucoup gloussent en catimini sur les ébats du couple, la vierge défraîchie mais rafraîchie et servie, l'étalon brave et victorieux.
Et après de longues journées à droite et à gauche, le jeune couple ne pense qu'à se retrouver et à s'aimer sachant la bienveillance de la reine mais aussi de tous pour leurs petits jeux amoureux depuis l'hyménée.
Dans moins de cinq ans, ils tourneront les pages du biggest album du spring-summer18, et avec leurs doigts caressants, ils riront de leurs parures  d'alors.

La dernière apparition de Jean-Claude Vandamme, rassurez-vous, il est toujours égal à lui-même : " les hommes sont des hommes, les femmes, des femmes et les chiens, des chiens."
Si ce n'est pas bien pensé ! Touchant presque, autant de cohérence. Merci JCV, toujours percutant.

mercredi 27 juin 2018

Billets d'humeur

I. Juste deux mots en passant : pour les demandes d'amis, il y a un palier : un minimum de 60 amis en commun. Et puis svp, ne venez plus en conversation instantanée, je déteste.

II. L'ignorante qui commente le rapport de la COLIBE, il y a un minimum requis quand même : bien sûr que tout est discutable mais selon un minimum de connaissance, d'ouverture d'esprit et de respect du travail des autres.

III. La pub de l'appareil qui absorbe les comédons, cela devient absolument insupportable. Surtout quand, à force de la voir passer, subliminalement, elle s'inscrit dans mon cerveau et réapparaît à des moments inopportuns. Et cela n'a rien de sublime.

IV. J'en ai marre de ceux qui affichent une religiosité à tout va : grande surface, barbe et tout l'accoutrement, nos yeux se croisent je ne sais comment, il s'excuse et demande pardon à Dieu. Le rayon yaourts à ma droite, l'envie de tout lui déverser sur la tête. Je ne supporte pas le mensonge et l'hypocrisie. Faites vos courses chez l'autre barbu du coin. Celui qui se soûlait la gueule tous les soirs, il y a quelques années et qui continue à se tromper en vous rendant la monnaie selon les dires de mon AM.

V. J'ai de la pitié mais aussi de la grosse colère pour nombre de mon entourage, sans aspérité, qui vite baissent la tête devant les Négociants d'Allah qui pensent que le vent leur ai favorable ces temps-ci et qui investissent dans une Jebba Hrir et mains croisées en haut du ventre. En même temps, ce n'est pas bien difficile. Et bien moins compliqué que de se dresser en consciences vaillantes devant les menteurs, les hâbleurs et les corrompus en tous genres. La conscience vaillante est affaire de vivacité d'esprit, d'écoute prolongée et de détection. Les Négociants d'Allah de Tunisie prennent tout : anciens " Grands " noms, ancienne élégance, nouveaux convertis, femmes modernes et toutes tendances ...

Renforcer les rangs, asseoir leur présence et ensuite se déployer à leur convenance.

J'ai connu de près un genre d'homme différent, libre, rebelle et rapide comme l'éclair. Vous êtes une honte de soumission et vous en sortirez bredouilles comme à l'entrée. Allez, continuer à marcher aux côtés des menteurs, renforcez-les et vous serez éjectés comme une mouche de coche.

#Colèredumercredi

jeudi 21 juin 2018

Tunisie démocratique : accouchement au forceps


La République tunisienne fait sa crise de milieu de vie et afin qu'elle puisse avancer, elle regarde derrière : le passé. Logique.
Les verrous ont sauté après le changement de 2011. Je ne dirai pas révolution personnellement. Plutôt ras-le-bol, d'abord orchestré de l'extérieur, et le peuple n'attendait que cela. Tant mieux.

Touillage extérieur, élan national, souffle épique, émeutes, répression, martyrs, libération.
Les verrous n'ont pas sauté, ils ont explosé et les 23 ans de Ben Ali peuvent s'offrir aux yeux de tous, du moins sur le plan scolaire, instructif, culturel, le plan des apprentissages tous azimuts : l'être abêti dans toute sa splendeur. Le programme benaliste sur le plan instructif a focalisé sur l'abrutissement national et cela a très bien marché.

Alors de tout : salafisme, takfirisme, associations aux fonds plus que douteux, écoles coraniques, commerces d’émollients halal, d’encens aphrodisiaques halal, d’huiles essentielles bénites, de « livres » explicatifs de comment se regarder halal, s’accoupler halal, procréer halal même en dehors des liens pas si sacrés que cela du mariage … Bref, des petits commerces florissants sur le modèle du «  made in China » mais d’inspiration religieuse et surtout de mobile Maîtresse Thune. Et les clients sont là, soucieux de tout faire, comme il faut, dans la légalité et le savoir des marchands ambulants.
Politique nouvelle, d’apprenti sorcier, participation de toutes les obédiences, retour des expatriés de droite et de gauche, retour des islamistes lovés dans les bras des Anglais ou d’autres, accueil du chef du parti islamiste, vrai messie pour certains, nombreux; tous les fracturés sociaux, ceux qui n’ont jamais eu voix au chapitre, les oubliés ; le Sud explosif plutôt « El ouma el arabia », nationaliste, proche du discours kadafiste traditionnellement, notamment vers la 2ème moitié du XXème siècle. Cette Tunisie-là a été, plutôt, oubliée sous Bourguiba et laissée pour compte sous Ben Ali.
Les harangues d’inspiration moraliste et religieuse ont eu le vent en poupe. Elles s’adressent aux manques, aux insuffisances. Elles flattent l’identité et exacerbent la violence. Les plus démunis d’entre nous et tout particulièrement, sur le plan intellectuel, gardent tenaces frustrations et complexes, d’autant que politiquement il n’y eut pas d’encadrements, de propositions sociales et professionnelles de valorisation de soi. Le feu aux poudrières. Toutes les droites se nourrissent d’insuffisance et de repères identitaires dangereux.
Dans un pays de politique musclée et de traditions répressives, quand la chape de plomb a sauté, le pouvoir se fragmente et devient à portée de tous. D’autant plus houleux que le canevas psychologique et social ne connait pas spécialement le self control, le recours au rationnel et la capacité d’agir après réflexion. Nous voilà donc entre prédicateurs, cheikhs, guérisseurs et proclamateurs de fatwas. Touillez, touillez, ce n’est que du bon, murmurent entre eux les fous du pouvoir !
Et les médias relayent. Tout et n’importe quoi. Et les réalisateurs s’y mettent, retour à l’Histoire. Et M. Tout-le-monde analyse, critique, conteste, tape du poing, nie, oublie, casse et vocifère.
Bourguiba remonte à la surface, il est instrumentalisé, béni, idolâtré et est revêtu de sex-appeal et cela marche.
Les « royalistes » lèvent la tête sous la provocation, condamnent leur pire ennemi, sortent les princes réformateurs des oubliettes, oublient des pans peu glorieux de l’Histoire et reprennent un pronom personnel insupportable où, par la force des choses, ils sont inexistants : « nous ». Ou encore un déterminant possessif des plus tyranniques : « notre ».
Ainsi, sur une station radio, un jeune acteur novice - qui réussit certes – descendant de la famille beylicale et qui campe le rôle d’un des beys de l’époque husseinite s’exprime à propos de la série dans laquelle il a joué non pas en tant qu’acteur mais en tant que monarque svp : « nous, ma famille, le bey, mon aïeul » et tout logiquement « moi ». Il s’était mêlé les pinceaux dans une inconscience totale. Et dans l’indifférence du journaliste. Retour à la monarchie du moins dans les studios de Mosaique FM.

Les lendemains d’un changement politique de cette envergure ne sont pas faciles. La démocratie a besoin de construire ses assises. Ce sera lent et nécessairement laborieux. La première condition est le respect des urnes. Nous y sommes. Le diktat d’une majorité peu outillée intellectuellement, socialement, économiquement, politiquement. Ajoutons à cela, des oligarchies orientales à qui l’expérience embryonnaire tunisienne déplaît, qui ont hai et haissent Bourguiba, son modernisme, son républicanisme et qui ont appris l’importance du jeu du pouvoir géostratégique américain entre autres ou surtout, qui ont de l’argent à en distribuer et qui sont nargués par la femme libre tunisienne.
Ceux-là s’introduisent sournoisement, payent grassement et ne savent qu’acheter. Ils veulent faire capoter, ils veulent avancer leurs pions, ils veulent soumettre. Cette gamme-là sait le sex-appeal de l’argent et beaucoup s’écrasent, se laissent graisser la patte et adoptent vite fait le modèle du désormais maître : barbe, chapelet, prières ostentatoire et mashallah et ramadan karim : des résonnances du golf, étrangères à la spécificité du pays : sa tunisianité.
Bien entendu, derrière cet écran glacé en tunique blanche et savate noire, il y a une autre réalité : luxure, déviances de toutes sortes et plaisirs concupiscents.
La Tunisie se bat aujourd’hui, à la force du poing, du poing nu. Sa carte maîtresse : la société civile. Son atout majeur, irrévocable, féroce : la femme libre. Son handicap : l’inculture générale et le profil psychologique dominant : l’irrespectueux agressif.
Un pas et pas des moindres : tous les tabous sont abordés : corruption, homosexualité, drogue, pratiques religieuses, athéisme et d’autres viendront.
Ce sera lent et laborieux et la relâche de ceux pour qui l’engagement est un devoir sacré sera déterminante. Des années de contestations seront incontournables. Courage mes Amis.



mercredi 6 juin 2018

La bipolarité, un mal ravageur

4 juin, 21h30, un café sur les hauteurs de Gammarth, nous voulions éviter le tohu-bohu des cafés ramadanesques aux senteurs de narguilés.

Mounir Charfi, Fethi Jelassi, Nabil ben Azzouz, Houssem Hammi, Amina Arfaoui, Kaouther Yatouji, Amina Ben Khalifa, moi-même, nous étions donnés rendez-vous dans un seul objectif : échanger politiquement sur " le drôle de pays ". L'idée trottait dans la tête depuis un moment et puis avec Houssem Hammi, jeune quadra investi dans la société civile, d'autres rencontres du même genre avaient déjà eu lieu. Je crois que le discours de YC a fait précipiter les choses et un besoin urgent d'échanger politiquement s'est imposé de lui même. Nous sommes presque tous, je pense, trempés dans la politique, à différents degrés et de différentes façons. De même obédience, je crois savoir, des Modernistes confirmés en tous les cas.

Il me semble que nous sommes tous dans l'écœurement de la politique du moment, dans l'écœurement des noms que martèlent les médias, des médias eux-mêmes souvent dénués d'une déontologie de base, une ARP loufoque, de hurlements, de discrédit, d'insultes, de grossièretés et depuis peu de soupçons de corruption dans la gestion du budget de l'Assemblée des Représentants du peuple et même croit-on savoir, l'envoi par le gouvernement d'une inspection sur place.

La Tunisie va dans tous les sens depuis quelques années, c'est un post-révolutionnaire compréhensible, logique, opaque et inquiétant aussi. Pour les Modernistes que nous sommes tous, le projet sociétal à défendre est celui initié par Bourguiba et celui redouté est sans conteste celui des fondamentalistes notoires ou sous-marins. Revenus des terres d'exil, assoiffés de pouvoir, monnayés par les monarchies orientales méprisées de Bourguiba, ambitieux, calculateurs, leur premier souci a été de se faire indemniser des années de lutte et de répression. Comme si l'engagement politique avec tous les sacrifices que cela suppose est payant ou remboursable rétroactivement ou dédommageable. L'engagement social et politique ne pouvant être qu'un choix de lutte, d'évolution, de libération, d'avancée tous azimuts, désintéressé et patriote.

La Tunisie va mal économiquement et, les décideurs successifs, depuis 2011 et la chute de la dictature, n'ont fait que taper à toutes les portes des prêteurs internationaux jusqu'à plus possible. Jusqu'à l'asphyxie. Et depuis quelques années déjà, la question qui se pose très régulièrement et très clairement, concerne la masse salariale très élevée, la pénibilité de la garantir en l'absence d'une croissance avérée. D'autant que le recrutement sauvage qui s'est fait de 2011 à 2014 et qui était de nature politique principalement a entraîné une hausse de près de 35% de la masse salariale selon un rapport du FMI ( janv 2018 ). Les augmentations de salaires exigées par l'UGTT ont, aussi, participé à cette hausse. Et à la Tunisie de se retrouver, toujours selon le rapport du FMI, avec une masse salariale qui représente les 2/3 des revenus fiscaux et plus de la moitié des dépenses de l'Etat dans un pays où il n'y a pas, politiquement, un vrai projet socio-économique, des investissements susceptibles de créer des emplois et de diminuer le chômage. Cela a un nom. Et cela s'est déjà vu ailleurs. Toutes proportions gardées en Ireland et en Grèce : la banqueroute.

Crise économique, grave crise politique, absence d'Hommes porteurs de projets, délitement social - l'union du passé existait "en vertu" de la répression et de la dictature certes, discutable donc - crise sociale, régionalisme et colère des régions oubliées depuis 60 ans, remous historiques et questionnement du passé, icônes déterrées, secouées, glorifiées ou lapidées. C'est selon.

Dans toute cette situation complexe et compliquée, angoissante et sans envergure, les impératifs perdent toute crédibilité pour tous ceux qui disposent encore d'une réflexion consciente et désormais il s'agit de traquer les non jeûneurs, de hurler au beau milieu de l'ARP, de s'insulter ou plus tragiquement, pour beaucoup de jeunes, de vouloir partir par désespoir et de se faire repêcher dans les eaux profondes gonflés comme des ballons de baudruche. Tragique. Point.

Pour toutes ces raisons, nous nous sommes donnés rendez-vous. Parce qu'il y a de la souffrance réelle chez bon nombre de Tunisiens conscients. Parce qu'il y a aussi de la détermination et quelques initiatives. Que le paysage politique actuel bipolaire avec tout ce que cela suppose comme dangers a besoin d'un point d'équilibre ou d'un espoir possible. Deux partis au pouvoir, ennemis, amis, amants. Nida et Nahda. Un fond de commerce : la Tunisie. Une matière première abêtie par 23 ans de benalisme : le Tunisien. Scolarité au vide abyssal, je survis, je travaillote, je fais l'acquisition d'une voiture populaire, pour les plus chanceux. Le seul mérite, c'est que c'était un projet. Mais de peu de valeur. Hélas.

Une photo choquante toute récente. YC fait son discours. M. Tout le monde attablé dans un café populaire jouait aux cartes. Zéro conscience.

Pour toutes ces raisons, nous avons voulu nous écouter les uns les autres. L'Union Civile avec Mounir Charfi et Féthi Jelassi. Le collectif Soumoud avec Nabil Ben Azzouz - le vieux râleur de gauche, comme il se définit lui-même, historien et professeur émérite qui forma bien des apprenants dont les miens - et le dynamique Houssem Hammi qui comme moi cherche une famille politique agissante, efficace et efficiente. Loin des partis. Des indépendants aussi étaient de la bande.

Mounir Charfi et Fethi Jelassi dans un souci méthodique de dispatching de la parole exposèrent le cadre de l'UC ( l'Union Civile ), ses composantes et ses objectifs. Conglomérat de partis ? Non. Parti ? Non. Initiative ? Oui. Une 3ème voie ? Oui et non.
Large brassage de partis qui seuls ne pèsent pas lourd. Des primaires sont envisagées. Un candidat. Des engagements avec signatures pour ne pas se présenter. Une couverture médiatique nationale et internationale.
Ai-je tout retenu ? Et les égos surdimensionnés des uns et des autres alors ? Et la faillite de la parole ? Et en politique, la confiance existe-t-elle ? Et à FJ de rappeler lui-même l'irrespect de l'ANC du délai imparti alors à l'écriture de la Constitution. Qui croire ? De l'angélisme que de faire confiance en politique. Quant aux signatures ... l'ère du pouce.

L'UC est une alternative. Cela est sûr. Et en neuf mois, elle a quand même plutôt existé. Reste que les célébrités locales qui la composent sont quelquefois sujets à caution. D'anciens RCD. Quelques renégats pour certains. Et des indépendants.
L'idée de l'UC est excellente aussi. Mais comment harmoniser tout ce monde ? Quelle fiabilité offrent Chebbi, Jomaa, Brahim, Morjane et autres figures de proue de la scène politique médiatisés à outrance et qui laissent désormais le Tunisien froid ? Seuls, ils ne peuvent que vivoter. À l'intérieur de l'UC et en tant que bloc compact, ils peuvent prétendre à une existence intéressante à plus d'un égard :
Le Tunisien ne souffre plus les égos, ni les ambitions personnelles largement démasquées.
Le Tunisien devient viscéralement anti-parti avec les frasques des uns et des autres ces derniers mois.
Le Tunisien semble apprécier les indépendants et les récentes élections municipales, dans certaines circonscriptions du moins, ont laissé voir un crédit sympathie et un capital confiance intéressant.

Mais les indépendants font-ils la politique ? Et la logique de parti bien que profondément viciée n'est-elle pas encore et toujours, bon gré mal gré, une condition sine qua non pour un vrai travail de terrain et une existence politique efficiente ?
Les machines ont la vie dure et renaissent de leurs cendres.

À la question : quel intérêt a l'Union Civile à servir de tremplin à X ou à Y ?
Que lui ramènent l'accompagnement et le soutien du candidat A des primaires nécessaires ?
FJ parle d'une action démocratique pour torpiller le couple NiNa de plus en plus haïssable. Il avance aussi l'argument du besoin des uns des autres : ils ont besoin de nous autrement ils ne feront que grappiller des portions congrues insignifiantes. Nous leur offrons un cadre avec toute une logistique juridique et nous leur permettons une entrée dans l'arène en tant que force compacte.

De l'autre côté, il y a le Collectif Soumoud et le jeune quadra Houssem Hammi, vif, serein et prometteur clame fort la nécessité de miser sur les indépendants, les femmes et les jeunes. D'échapper aux noms sonores et trébuchants. Il propose un faire politique clair, propre et dénué de calculs. Une politique différenciée. Et les caciques bien que méprisés aujourd'hui ne sont-ils pas des valeurs peu sûres mais jouables et re-jouables ?

Le moment est peu sûr, 2019 est aux portes, Nida est en pleine danse de la mort. Son possible regain le fera ressembler au parti du passé, le RCD. Son présent est laid et de nouveau les fils, les femmes et l'épicier du coin s'en mêlent. GRAVE.

De l'autre côté, la Nahda, forte de citoyens appauvris intellectuellement ( construction de longue haleine du régime Ben Ali. La médiocrité était érigée en programme national. Manger mais soyez bien bête. ) en comparaison surtout avec les 20 glorieuses de Bourguiba 55-75, forte d'un passé répressif qui fit d'elle une Victime ou la Victime, d'une non-participation à l'édifice Tunisie juste après la libération et bien que n'ayant aucun projet politique mais un obscur schéma mental fait de préjugés, d'interdits et de diktats aspire à brasser large et a brassé large avec son joli slogan " Talaa el badr alayna " qui fait appel aux plus basiques instincts et à ce qu'il y a de plus inerte en l'homme moyen : la bêtise.

Un monstre de laideur, de léthargie au pouvoir soporifique qui conforte les moins réactifs et les moins nantis intellectuellement d'entre nous. Nombreux.

La solution ?
Un mouvement d'union de tous, UC, Collectif Soumoud, indépendants, FEMMES et jeunes à l'attaque des coins les plus reculés de la Tunisie profonde avec un discours simple : vous méritez mieux qu'un couffin de provisions. Vous méritez de vivre et non de survivre. Vous, mais aussi, mais surtout, votre progéniture.

À l'orée du XXIème siècle. 2019 est aux portes.