« Vous savez, il y a les bons et les méchants. Lui, c’est un débonnaire. Il y a les autres aussi, mais ce n’est pas le propos.
C’est aussi le fils de son père. Il eut tout sur un plateau d’argent, travailla d’arrache-pied pour quadrupler la colossale fortune et vivre dans l’ostentation absolue. Toujours dans la gentillesse extrême. Ou la faiblesse.
Un jour, il fut largué par celle qu’il considéra comme la femme de sa vie pour « raison fondamentale de bêtise patentée » et ce fut quasi tragique pour lui. Il s’enferma dans le mutisme, vécut dans l’oppression thoracique et mit toute sa force à travailler encore et encore. Toujours plus d’argent et de biens.
Quelques années plus tard, il vit au loin une toute jeune fille qu’il suivit sur une mob empruntée précipitamment au gardien de l’entreprise. Elle lui sembla suffisamment belle pour concurrencer celle dont il était toujours fou amoureux. Ayant repéré son domicile, il put un jour croiser sa mère et lui dire son intention : la demander en mariage. L’acquérir, en réalité.
Et ce fut chose faite. Il offrit une maison à la famille, fixa un salaire à vie à la mère et prit la gamine. Elle avait le un-tiers de son âge, semblait ingénue, fort soumise et silencieuse.
Trente ans plus tard, elle eut en son nom toute la fortune, à coup de crises, de violence, de chantage d’esclandres, de jeux, de mensonges, d’entourloupes et de coquetteries quasi professionnelles … Son point fort : trois enfants, un par décennie. Les trois en échec aujourd’hui, en raison de choix, à l’emporte-pièce, de scolarisations à la mode.
L’ingénue s’était avérée coriace et déterminée, sur la durée. Sans cœur ni conscience aucune. Elle fut vendue et le fit payer cher à tous. Personne ne comptait à ses yeux. Ses enfants avaient été conçus dans la précipitation, le dégoût, la rage … C’était sa monnaie d’échange.
Sans le sou, elle le jeta et prit mari sur mari. Quatre ou cinq en tout. Les enfants furent délaissés par l’un et l’autre et leur sort prit une tournure dramatique.
En quoi était-ce le destin ?
Pourquoi je vous parle de parfaits inconnus ou presque ?
En quoi, leur vie me concerne-t-elle ?
Pourquoi suis-je si noyé aujourd’hui ?
Vais-je bientôt mourir ?
Mourir la grande interrogation, très vite. À peine sorti de l’adolescence.
À suivre
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