I.
La mort a toujours existé et elle existera toujours. La médecine avancera, l’espérance de vie augmentera, à coup sûr, mais la fin de toute chose est inéluctable.
Et, quelque part, c’est heureux.
Un cycle, un recommencement, une fin et, de nouveau, le même processus. C’est ainsi. Ce n’est pas le fil à couper le beurre.
L’essentiel échappe à l’homme. Clairement. Voilà pourquoi, il l’hypertrophia de diverses manières.
Il s’agit d’énergie continue, tout bêtement. Comme un magma coulant à l’infini, effusif ou explosif, venant au monde ou, plus justement, à la surface de la terre. Lieu des naissances variées.
S’agissant des humains, j’appelle cela le segment de vie.
Qu’avez-vous fait de votre segment de vie ?
Ma profession fait, qu’au quotidien, je me trouve en contact avec des humains dénudés, souvent sans surmoi, cet agent de police dissuasif si précieux. Et l’être apparait dans toute sa laideur : envieux et méchant. Bien sûr, d’autres traits, mais ce sont les deux principales caractéristiques de l’homme. Le ça domine et le moi peine à se constituer. Le surmoi, lui, est peu avalisé.
L’intelligence, la réflexion, la maîtrise de soi, le deal conscient avec soi-même sont les seules solutions aptes à garantir l’équilibre des humeurs psychiques. Et puis, les valeurs arrêtées : le respect, l’humanisme, la tolérance …
II.
Et il se lança dans une logorrhée sans fin et sans liens. Sa voix fluctuait, son regard tantôt enflammé, tantôt indifférent, quelquefois accusateur - à mon encontre - me le donnait à voir dans toute son incohérence, ses connexions aux quatre vents. Les barrages étaient presque inexistants. Le surmoi en éclats, le moi en déroute et le ça hurlait tout et n’importe quoi.
Une détestation de toutes les marques de l’ordre et de l’harmonie, une horreur du bonheur et de ses manifestations et des nœuds profonds et fort anciens. Et comme chez tout un chacun, un socle fait de bonté possible et de prompte méchanceté.
La méchanceté fusait dès l’instant où on lui signifiait son incohérence et son désordre mental.
III.
Construire du beau est un objectif de vie. Tant que nous sommes à l’abri des épreuves qui rompent. Seules choses contre lesquelles nous ne pouvons rien. Qu’on en soit préservés, tous.
Le Beau, seule réponse à la gratuité de la rupture, de l’extinction.
Et puis, il y a la nature humaine. Versatile, roublarde, incertaine, incompréhensible quelquefois … Fixer ses valeurs, s’y référer, s’y tenir est essentiel. Contrer le mal en soi, l’envie, la jalousie et la méchanceté.
Sans réflexion, sans consensus avec soi, sans humanité à toute épreuve, sans sculpture de son être profond, de son être intelligent et émotionnel, nous ne sommes que des singes.
IV.
Je vous aime d’un amour rare, d’un amour nourri, d’un amour puissant, effusif et réfléchi, un amour naturel et qui m’emplit de désirs multiples de vie.
Je fus longtemps une sculptrice de bonheur et j’aime penser que je le suis encore pour vous, même si nos chemins ne feront que se croiser désormais.
La question est de toujours être dans l'a-venir, en dehors de toute attente classique et un peu bête, par ailleurs.
Architecture de vie.
La Scribe debout.