samedi 23 avril 2022

Je veux du limpide, Coach !

Cabinet de C.Psy. Et PNL

Didon, le 23. 4.22



« Avez-vous saisi, Coach ?


Je connais les entourloupes des femmes et vous êtes femme. Oui, oui, coach, mais femme. Je connais les faux-fuyants. Je sais votre écoute, sa qualité, vos petites phrases-sillons.

 

Evidemment, l’écoute est importante. Je vous paye. Oui, je suis discourtois. Oui, c’est difficile d’agir sur moi. J’ai l’exacte conviction des choses.

 

Je crois que vous connaissez mes insuffisances récentes, mes besoins existentiels. Je ne suis pas une terre aride. Non. Mais Ontos a des exigences vitales. Je ne les ai pas. Je les cherche, mais pas vraiment. De l’attentisme ? Oui, là-dessus vous avez raison. 

 

Je ne supporte pas les faux-fuyants, le mensonge, l’hypocrisie, les palliatifs … Ça fait beaucoup de choses ? Pas tant que cela. 

 

J’ai besoin d’un esprit accompagnateur juste et limpide.

Il n’y a rien de plus tragiquement manquant que la limpidité.

 

Vous ne me connaissez pas, Coach. Non. Vous jouez à m’aiguillonner. Sérieuse ?

Ha ha ha ! Comme si. Mais bon, de m’écouter est déjà assez bénéfique. 

 

Cette société est celle du mensonge Coach et vous y contribuez. Votre profession, évidemment. Oui, oui, le mensonge est utile. Je ne l’ai jamais cautionné, moi.

Je lui préfère la clarté. Vous mentez Coach. Pas moi. A aucun moment, je ne vous ai menti. Je vous ai confié ma vie, une bonne partie parce que j’avais besoin de partage. Mais partager n’est pas aisé. Vous êtes une professionnelle et je cherche de l’humain.

 

Evidemment, si je marchais le long de la mer avec une femme limpide, ce serait une autre dimension. Mais où est-elle ? Pourriez-vous me l’indiquer ?


J’ai honte de vous prendre pour le mur des lamentations, d’attendre de vous plus que ce que vous pouvez consentir, de savoir que votre distance de professionnelle n’autorise rien d’autre que l’écoute. Mais, svp, ne me prenez pas pour un écervelé avec vos mots « tendancieux ». 

Non. 

Les mots pèsent quelquefois et je les dégorge. Mais ranger est dans mes cordes. Pas vous. Non, il n’y rien de personnel dans ce que je vous dis.

 

Je me souviens d’une de vos plus détestables interventions. "L’amoureux se fait plaisir à lui-même, il s’offre des moments heureux." L’horreur. 

 

N’oubliez pas, Coach, que j’élague mais que j’ai, aussi, le pouvoir de me ressourcer dans le Beau, la créa, Ontos et la mer. Ordre non étudié.

 

A la prochaine, Coach, vous avez une belle écoute, mais elle est intéressée. Ça, c'est votre leçon. »







 

vendredi 22 avril 2022

" En effet, il n'y a rien à ajouter, Coach "

 

Cabinet de Coaching psychologique et PNL

Didon, le 20 avril 22



« Entre vivre avec Dieu et sans, il y a un cheminement très long, un travail de recueillement, de recoupements et, au tournant, au moment le plus prompt, vous le perdez et c’est énorme de liberté, de billevesées, d’édifice trompeur, de mirages, de trompe-l’œil ... De ce que les hommes ont trouvé de mieux pour leurrer. Plus l'histoire, le temps lointain, qui contribue à sacraliser le passé.

 

Vous perdez une structure énorme et paradoxalement des mensonges purs et de l’attrape-nigaud.

 

Dieu est grand mais inexistant. Dieu est puissant mais introuvable. Dieu est écoute mais il est silence. Dieu est miséricordieux mais c’est l’os du chien crevard. Si Dieu est Beauté, je veux bien prendre, mais sans le chantage, ni le bâton ni la carotte. Je ne suis pas un lapin, quoique sur le plan du plaisir, on peut lui envier ses performances.

 

Coach, me connaissez-vous assez depuis trois ans déjà ?

M’avez-vous assez vu ?

Me saisissez-vous ?

Mon monde a-t-il agi sur vous ? 

 

( Assurément ) 

 

Avez-vous déjà vu un délire comparable au mien ?

Des marques si singulières ?

 

Ne soyez pas modeste, je sais que je vous ai ouvert une porte assez rare, que j’ai rangé votre existence, que je vous ai structuré pas mal … Oui, oui, soyez vrai. 

 

Que savez-vous des livres Coach ? De la philosophie ? De l’art ? De l’athéisme ? De l’existentialisme humain ? De la créativité ? D'Ontos ?

 

Je me souviens de votre 4/4/3/3 ou à peu près. Ce n’est pas mon monde, c’est trop rangé pour moi, trop technique, trop inconsistant. Non, je ne suis pas Sganarelle. Un cran au-dessus quand même. Non, non, je n’ai pas envie d’être explicite. 

 

« Je crois que deux et deux sont quatre et quatre et quatre sont huit. »

 

Oui, délire. Délire d’une période-prison où le Même fait un ravage et je suis un Dingue d’altérité. Pourquoi est-ce si difficile d’exister à vos côtés ? Je crois bien que c’est la chose que je hais le plus au monde. J'en ai mal au thorax.

 

Hier, mon fils a cru bien faire et il m’envoya des tas de potentialités féminines. Je n’ai pas voulu le décevoir, mais c’était atroce de laideur. J’ai tout gommé. Je voyais le désespoir dans leurs yeux. Je voyais leur désert psychique.

 

Je veux marcher aux côtés d’une Ève, bien évidemment, mais quand même pas d’une Ève-Nina de Rimbaud !

 

« Et mon bureau ? »

 

L’existence est Beau, fondamentalement. Et finesse d’esprit. 

Point d’arrogance idiote, mais de la simplicité et du naturel. 

Peut-être, suis-je platonicien ? 

Peut-être que la théorie des idées a très tôt colonisé mon esprit ? 

 

« Toute chose pieuse est pieuse. » Quoique la piété est supplications pour moi ...

 

Les idées supérieures, c’est ce qui me parle. ET les êtres supérieurs. Alors mon fils, non, ce n’est pas pour moi. Evidemment, le passé est derrière parce qu’avancer est la seule vraie prérogative. 

Parce que je suis un véritable existentialiste, mais pas vraiment dans le sens sartrien ici, dans le sens hautement ontologique. »

 

-       C’est un jour fort, aujourd’hui. Je suppose qu’il n’y a rien à ajouter.

-    Il n’y a rien à ajouter, en effet, Coach. C’est moi, aujourd’hui, qui suis agissant. »








 

 

mardi 19 avril 2022

Divine et Ramsès, V

 

V.



-       Moi, je suis un homme de cette terre.

 

-       L’humus est la chose la plus partagée dans le monde. Elle est la même où qu’on aille.

 

-       Ce bout de terre est mien, voilà ce que je veux dire exactement.

 

-       La propriété n’est donc plus vol …

 

-   Il n’y a que les Idiots qui ne changent pas, même si les grandes lignes sont toujours porteuses. 

 

-  Le changement est inhérent à la nature humaine. Gare cependant au confort des classiques. 

 

-  J’aimais le Jazz quand j’étais très jeune. Aujourd’hui, un autre type de musique me traverse.

 

-       Je vois.

 

- Ce n’est pas un changement radical, les choses ont mué progressivement. 

 

-      Et les remparts ?

 

-       Pourquoi vais-je établir des remparts ?

 

-   Les remparts d’entretien, de contrôle, de répression du Même, tu t’en rappelles, je présume ?

 

-       Je suis dans aujourd’hui.

 

-       C’est de l’apostasie intellectuelle.

 

-       C’est une évolution.

 

-     Évolution ? Cette terre ? Ce bout du ciel ? Et ton être au monde ? Un être d’ici d’un coup ? De la fatigue ? De la lassitude ? La sagesse des Vieux ? 

 

-       Je suis le même dans le fond.

 

-   Le fond devrait être visible. C’est notre base commune, notre charpente. Je n’ai jamais regardé l’épicier du coin !

 

-       Je ne suis pas du règne des dieux comme toi.

 

-       Tu abdiques, voilà tout.




 

 

Le ver était dans le fruit. Ramsès avait été rattrapé par le temps. 

Sa jeunesse lui manquait-elle ? 

Était-ce un trait masculin que de ne pas savoir secouer les puces ? 

Divine était-elle choquante dans son assurance inébranlable ? 

Était-ce l’inéluctabilité des couples ? 

Était-ce l’absence d’enfants, un choix commun ? 

Était-ce simplement l’usure des artères de la tête ? 


 

Ramsès prit la route du Même depuis quelques bornes. Elle ne s’en rendit pas compte à l’amorce, mais quand les plis s’ajoutèrent les uns aux autres. Dans cet assagissement - ce lâchage ? - insupportable pour Divine, le plus dur était de voir Ramsès prendre en compte le regard extérieur, perdre cette superbe qui l’installait d’emblée dans une liberté qui le mettait en tête du peloton, bien loin devant tous. 

 

Vivre dans l’intensité, toujours une distance bien devant, en dehors des schémas polis, consentis, bénis, hautement décriés par eux deux au début du chemin. Le ver était dans le fruit, le ver était tenace, un insecte xylophage, une horde de soldats, de travailleurs, de roi et de reine qui travaillent dans l’obscurité et haïssent la lumière.

 

Voilà un rebelle que la communauté des sages a interpellé à cor et à cri, parce que la liberté lui est insupportable. Ce sera dedans-dehors, par à-coups, parce que le fer coule dans des artères engourdis. Ce n’était pas un chemin de traverse, non, mais le pouvoir du temps sur une psyché chaotique. Humaine.





lundi 18 avril 2022

Divine et Ramsès, IV

 IV.











-       Evidemment c’est un combat de chaque minute.


-       Exactement. Ne rien négliger et d’abord nourrir l’esprit.


-       Un exercice quotidien.


-   Le corps a besoin d’être secoué à chaque instant. C’est une vigilance sans repos. Être aux aguets du moindre dysfonctionnement sans tomber dans l’obsessionnel.


-   Cela me rappelle un projet d’apprenants mené rondement : Les moyens de lutte contre le vieillissement. Un travail qui m’avait plu et que j’ai encadré avec plaisir et implication.


-       J’imagine, en priorité, l’exercice physique et mental ?


-    Pas que, et, c’était là, l’intérêt de cette mini thèse : Le sport bien sûr, l’activité cérébrale déclinée en plusieurs propositions, l’alimentation réfléchie, une sexualité libératrice d’hormones dites du bonheur, les soins de sa personne pour l’harmonie de la psyché dans ses deux acceptions et même la DHEA pour les grands séniors, pour une douceur de fin de vie. 


-       La sexualité libératrice est une invite ?


-     A tout moment beau, hors contrainte et quotidien, tu le sais, dit-elle en riant. 

 

Il lui embrassa le bout des doigts de la main qui caressa son avant-bras d’homme.

 

-       La DHEA est interdite.


-       Pas aux USA. Et puis, les sas de transmission existent partout.


-  Tu es en train d’encourager la contrebande, attention et nous ne sommes pas grands séniors que je sache !

 

( Rires )

 

-      Les nations libres respectent les libertés individuelles de choix.


-       Oui, une chance.


-     Ce qui fait mal, c’est de vivre et de mourir chez les statiques. Cela fait mal, vraiment !


-       Nous avons notre monde. Nous ferons tache d’huile autour de nous. 


-     Le dehors exaspère et agit négativement. On compose alors qu’on veut exploser et dire. 


- Nous faisons assez notre part chacun dans dans son milieu professionnel.


-       Oui.


-   Les 3M, Kundera, Kafka, Camus, Sartre, Goodis dans un tout autre contexte, John Le Carré, Klee, Modigliani ... et tellement d’autres sont à toi. Quel monde ! Eluard, Dali, Gary, Baudelaire, Darwich ... et tellement d’autres pour moi. Quelle compatibilité les jours de soleil et quels combats de gladiateurs quand le ciel est bas et lourd !

 

Il sourit.


 

-    Tellement d’autres, chacun à son moment. La douceur, je l’ai puisée dans ton univers et dans tes bras mi-homme mi-femme. Je t’aime pour tout ce que tu m’as fait découvrir.


-     Je crois que c’est moi qui suis ravie d’être sortie du Même pour aller vers l’altérité. 

 


Elle l’étreignit et l’embrassa amoureusement.