Regard extérieur
La France tremble parce que la jeune génération exige un avenir plus sûr et des hommes politiques plus crédibles. Un tremblement qui suscite l’admiration et qui s’inscrit ipso facto dans les grands mouvements historiques porteurs d’espoirs et de lendemains meilleurs.
Il y a comme un puissant souffle de détermination et d’exigence. Belle jeunesse, celle qui aspire, qui appelle et qui exige des changements.
Et puis, la France tremble sous le bruit des bottes agressives et des haineux de l’altérité, celle-là même qui introduit couleurs, notes, senteurs, humours et autres joies …
La France, cette grande nation et cette histoire riche d’apprentissage divers. « Le mélange est dans l’esprit même de la Révolution française », dit en substance, un humaniste à une personne revêche et irrespectueuse de l’humain et de sa fragilité.
Un humaniste qui croit en la jeunesse, en sa conscience, qui veut parier sur l’autre, sur sa capacité à comprendre et à se montrer productif.
Une curiosité vis-à-vis de l’homme me mena à l’écouter et à le suivre et j’eus le plaisir vrai d’entendre des mots rares de nos jours, des concepts éclairants de nouveau agités, des inquiétudes humanistes, que peu disent haut et fort.
Et puis, la nécessité de lever le pied dans cette course extrême et folle, vers toujours plus de mondialisation et de puissance.
« La surenchère », dit-il.
Le monde ne court-il pas à sa perte dans sa volonté permanente de puissance, de contrôle, d’hégémonisme technologique, d’aveuglement militaire, d’oubli de la jeunesse et d’irrespect de la diversité du monde ?
Et il poursuit sa vision de la politique qui exige, dit-il, de celui qui l’exerce « de s’oublier » au profit de son pays, de défendre le principe de droit et l’homme universel. D’être une conscience. Quand Edwy Plenel lui demanda s’il se présentait aux élections, il répondit sans détour qu’il se devait « d’y être pour défendre l’honneur de la France. »
Dominique de Villepin a la stature des politiques d’antan, ceux-là qui portèrent haut et fort la France. Son discours est rare de nos jours et mon regard extérieur entend un propos profondément humaniste, généreux et ouvert. Admirable.
La conscience, la nécessité historique de reconnaitre les exactions de la colonisation, de tirer les leçons du passé, de placer l’homme universel au cœur des inquiétudes et ensuite des réparations politiques, d’envisager un faire politique juste et respectueux de l’humain … autant de questions soulevées avec brio de la part de DdV.
Ce Monsieur pointe de l’index les dangers qui guettent le monde : la volonté de puissance, les chefs d’entreprise qui gouvernent ces dernières décennies, la technologie numérique qui devra se doter d’une éthique, la disparition de l’homme au profit des données, les surenchères de toutes sortes, « la banalisation du mal » ( selon la formule d’Arendt ) qu’il remet sur le tapis, « l’absolutisation du bien » et les combats théologiques …
« Il faut convoquer l’humanité et la diversité française », dit-il. La politique est conscience pour ce Monsieur et la transmission, un devoir.
Dans le chaos libérateur et fécond actuel, celui mené par la jeune génération qui entend bien se faire respecter, quelle autre voix que celle de Dominique de Villepin pourrait-elle être fédératrice ?
Nourrie de culture, d’auteurs et de littérature française, de surréalisme et d’expérience d’écriture automatique, de l’esprit encyclopédiste du XVIIIème siècle et des philosophes d’alors … j'ai passé deux jours à écouter du D. de Villepin et je voudrais exprimer ici la chance qu’a la France de compter parmi les siens, un aussi grand talent et un projet politique aussi ouvert, respectueux et porteur d’une société inspirante. Aujourd'hui, tout particulièrement.
Les jeunes l’écouteront. Je le crois.
Il possède ce je-ne-sais-quoi des êtres qui vibrent, qui partagent et qui mènent vers des destinations à la fois heureuses et constructrices.


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