lundi 6 décembre 2021

Satia et Salvatore

 


Vous rappelez-vous de Satiana* et de Salvatore ?

 

Je les ai reçus, il y a peu et je conviens que de désir, il n’y a plus grand-chose ou du moins dans la traditionnelle déf. du mot. Lui, est, dans le fond traditionnel, elle, dans le philologique. L’autre versant de la terre.

 

Satiana et Salvatore, c’est, disons-le tout de suite, une grande histoire d’amitié vraie. Résolument. Oui, l’amitié peut exister entre un homme et une femme et il n’est pas obligé d’être homo pour cela, comme je l’ai toujours pensé. Au final.

 

Lorsque Satiana me fait part de ses souvenirs, de ses cheminements, de sa vie d’avant et d’aujourd’hui, les mêmes mots reviennent, les mêmes obsessions. Ce n’est pas le cas chez Salvatore. Après une vie versée dans l’action, le professionnalisme gestionnaire, les organisations entrepreneuriales, les plannings stratégiques, le voilà essayant de s’adonner aux combats féministes. D’accord, toutes les portes sont ouvrables mais pas avec la même dextérité. Il y a chez Salvatore un désir de changement. Soit. Dans la continuité ? Dans l’iconoclasme de sa vie perso ? 





 

Soyons plus clair. J’observe des personnalités diverses, it’s my job. Que vois-je ?

 

Satiana reste dans sa ligne. Salvatore tel un caméléon change de couleurs sans rien en assumer. Obligatoirement, il y a discordance.

 

A mon avis et dans un contexte hors professionnel, j’avance aujourd’hui une vérité assez difficile à admettre : se lier à vie à l’autre est un leurre et un traquenard.

Voilà deux personnes belles et agréables mais aux antipodes. Pourquoi se torturer l’esprit ? Que chacun VIVE !

 

Dans certaines situations, le plus ennuyant est de devoir à chaque pas mettre des définitions. Satiana m’a confié être outrée pas l’inconscience de Salvatore, sa perception aléatoire du réel, son absence de maîtrise des situations, sa manière de faire fi de ce qui EST.

 

« On s’était connu sur une île. Waw les îles ! J’y avais été pour du travail et ce lieu précisément a une énorme signifiance pour moi. Encore aujourd’hui. Des souvenirs nombreux de stabilité et de bonheur. Ce qui avait impulsé, par ailleurs, ma participation à ce séminaire. 

Ïle magique, île grandiose. Quand je fis la connaissance de Salvatore, j’y ai trouvé calme et écoute, clarté et honnêteté. Une belle amitié. Pour moi, je l’ai toujours connu et d’emblée un climat de confiance. Mais en réalité, il y a oubli des prémisses premières. Les mots chez chacun de nous ont des significations, des signifiances divergentes. Et de devoir répéter fausse les choses : il y a incompréhension, toujours. Et Salvatore ne s’y résout pas. Il a fallu d'un mot de vérité pour que je parte et fort heureusement. »





Quand ce fut le tour de Salvatore, ce fut tristesse et sentiment d’abandon.

 

« Pour moi, de l’avoir approchée sur cette île a été grandiose, c’est ce que je sais ou c’est ce que je veux croire. Personnellement, je ne me complique pas l’existence : je suis bien avec elle. Elle me dit que je suis dans l’oubli de réalités bien tangibles. Soit. Et après ?

Nous, les hommes, on fonctionne différemment : l’instant présent et, après, l’instant d’après. C'est tout ce que je veux. »

 





Quand j’écoute cela, quand je redeviens une personne humaine, en dehors de mon contexte d’écoute et de réparation, je me retrouve à définir de nouveau les hommes et les femmes : 

 

Mon oncle et ma tante : 

 

-  Voyons ! les vêtements mouillés sur les radiateurs précipitent leur rouille ! 

-       Les vêtements DOIVENT sécher !

-       Arrête de le faire !

-       Je continuerai !

 

C’est aussi simple que cela. Se séparer fera le bonheur des radiateurs. Voilà.





*Satia pour les intimes. 

dimanche 5 décembre 2021

Fausty est en colère !

 



Fausty 9 


C'est moi
, Fausty, je suis de nouveau là et je hais le diable. Invention de taille pour passer blanc comme neige et ne rien endosser. Je ne me ferai pas piéger : pas de pacte M. !

 

Je rends visite à une amie proche. Compatir au départ d'un parent, mort subite. C’est dur, je le sais.


De quoi est-il parti de maladie ? De fins de mois difficiles ? De pression et de stress ? De dépression ? De chagrin ? 
De rien, répondit-elle, c'est Dieu. 

De Dieu ... 
Encore une. 

 

Dieu, si conçu à taille humaine qu'il n'échappe même pas aux délits des hommes. Les hommes ne sont pas sortis de leurs vérités propres, même pas dans l'imaginaire métaphysique. 

Ou c'est moi indécrottable athée, rationaliste à toute épreuve qui procède par élimination logique
, pour en convenir à l'extinction des feux sans préalable, sans préavis, sans signes avant-coureurs - ou peut-être, qui sait - sans clin d'œil, sans rien ... de la pure liquidation physique gratuite. 

 

On prête à Dieu les travers des hommes, jusqu’à l’assassinat.

Je veux bien remonter à des temps immémoriaux, à la peur pliante, à la peur panique, à la peur phobique ... à l'incompréhension, à la stupeur tétanisante, aux regards chavirés de non-sens ... je veux bien. 

Il y a quelque chose de l'ordre de la logique : j'ai une peur
, une très grande peur. J’invente une force transcendantale et dès lors, je respire mieux. Je souffle, ouf !

Ce n’est ni moi, ni toi, ni personne, c’est LUI. Et après j’oublie que j’en suis l’inventeur. Je tombe dans le piège que je me suis tendu. Cela a l’avantage d’être reposant.

 

Il ne reste plus qu’à codifier, ici et là. Les juifs sont les poseurs du monothéisme, vaste programme avec bien moins de tolérance que son prédécesseur et désormais ennemi juré : le polythéisme. Théos 1000, Théos 1. Énorme mais oh combien liberticide !

 

Je suis Fausty, j’ai eu la chance d’être parvenue à la transcendance de ces espaces-temps. Une historicité longue et lourde et menaçante et compréhensible, mais pas tant que cela, du moins, pour ce dernier attribut.

 

-       Il est mort parce que c’est la volonté de Dieu, c’est tout.

-       D’accord, il est mort parce que c’est ainsi. Évidemment, vous êtes plus nombreux. ( Tout bas )

 

Mon géniteur était croyant, non pratiquant. Il disait ne pas avoir suffisamment de force pour s’attaquer à plus puissant que lui. 

 

« Laisse tomber. C’est compliqué. Mais gare à celui ou à celle qui viendra soutenir que la voiture envoyée droit dans le poteau à la sortie de la discothèque avec un taux d’alcoolémie supérieur à 0,8g/l dans le sang est affaire de Dieu ! »

 

« Ou alors Dieu, en adepte, encourage à la consommation, répondis-je. »`

 

« Laisse tomber, dit-il, avec grand sérieux. »

 

C’est moi Fausty et j’en ai RAS LE BOL de vos vérités !




vendredi 3 décembre 2021

M. L'Inquisiteur que vous êtes Con

 



Sur une route au milieu de nulle part ou au bord d’un rivage inconnu, je ne me souviens plus … je croisai une très vieille dame d’une lumière sans nulle autre pareille. Elle disait des textes, l’air de rien, d’elle-même et pour elle-même. Je m’en approchai et prêtai l’oreille. 

 

« Je suis une Lotophage, mangeuse de fruits au goût de miel, de Lotos, fruit de l’oubli, nourriture de liberté retrouvée. Je suis un rhapsode des mers aux mille bleus. 

Je sais que ce que j’ai oublié est inscrit bien loin dans la tablette en argile de mon cœur. Il y a de ces choses dont le miel de l’oubli ne soupçonne pas la résistance naturelle. Écoutez, voyageurs, écoutez. »

 

M. L'Inquisiteur que vous êtes Con, 

J'ai choisi ma voie et j'ai bâti 
J'ai sculpté, pointilliste.
J'ai aimé l'Homme et l'enfant
Et de mes mains, tantôt de duvet 
Tantôt de jute, j'ai modelé de science et 
D'amour. 

Les miens des Baies multiples, du Safran millénaire et du Ziziphus épineux,

DMa griffe,
De Ma griffe,
Logent dans le cœur de près ou de loin,
Un cœur dynamique aux mille portes. 

Je suis Pierre angulaire d'une dune ouvrière, 
Sobel.
Nous sommes tous des pendants de Sobel
De toutes les Sobel,
Les Seules à nourrir de mille vertus,
De mille cires dorées, 
De mille préceptes accoucheurs, 
Maïeutique de Femmes
Seules. 

J'ai vu des Inquisiteurs bien Cons
Un rieur léger,
Un égaré complet aux quatre vents,
Un être aux mille versions, 
Fou de Beau, 
Vite employé à le briser. 
Pour inspirer, ensuite prier, 
Puis aimer.
Et de nouveau casser ... 

D'autres, bien d'autres viciés 
A la moelle,
Des inquisiteurs abonnés 
A la Connerie suprême. 

Alors non, pas ce bout de maturité,
De réflexion,
Et de Beau.
Yeux rieurs, 
Oreille fine et siège si prompt.
Un bout d'homme très tôt,
Un être de pensées anticipatives.
Tombé dans la Connerie à son tour ? 

Atavique, masculine, mobile d'existence, 
Oubli du cérébral nourricier ?
La Connerie serait-elle sine qua non 
A la paix de la tête

Chers vous ?

  
...  ( Elle se tut un court instant )

 

La Scribe ne peut avoir enfanté
De cette contrée d'Ignorance suprême,

Elle ne le peut.

Alors, la rhapsode s’en va fermer,

Fermer la porte latérale du cœur.

C’était hier ou avant-hier, 

Au soir du Froid coupant, 

Mollesse, d’un coup, de la mécanique arbitraire.

Tout est affaire de temps,

Oui. 
Le temps, le Temps, 
Maître de l'univers. 

Je regarde l'autre versant
Que de beauté, que de nature !
A tomber. Pâmoison extrême. 

Le Lotos a plus d’un art à son arc.

A ma droite, mon versant de Sobel
Sobel de moi, 
Génitrice et préceptrice.
Sobel de moi désireuse de vies, 
Quatre vies miennes.
J'aime. 



Je me souviens de cet enfant 
Gonflé à bloc, un soir de juin,
De silences
Ed’émois. Déflagration. 

Il avait pour lui,

Sa juvénilité d’alors,

Sa peur de la désertion.

Pourquoi cet amour des ballons de baudruche ?
Pourquoi ce penchant vers les architectures 
Bancales ? 

Le Temps, le Temps 
Je cours, je cours, 
Le facteur n'attend pas. 

Du Lotos bienheureux !

Une envolée de roses,
A cette plante lumineuse :
Un Roseau.
A ne pas faire plier, 
A ne pas briser, les jours courts, 
Les jours d'ennui. 

Les jours de Connerie ontologique.



Sobel, légère, 
Entend de loin le doux chant 
Des sirènes.
De cette Mer, 
De cette Mer des Lotophages si puissante à l'esprit.
Je viens, je viens,
C'est de toi que j'ai besoin,
Lui dit-elle.

 

 

Épilogue d’une histoire de passion lumineuse. De sciences bâtie. Je ne cours pas après les vents. M. L’Inquisiteur que vous êtes Con.

 




 

mercredi 1 décembre 2021

Je tire en sortant la porte latérale du coeur

 



Aujourd’hui, 1er décembre, je pose ma plume, je range mon encrier et je tire en sortant la porte latérale du cœur. Incommensurable la Connerie de l’inconscience, l’aveuglement orgueilleux et l’égotisme démesuré. 

 

Aujourd’hui, 1er décembre, j’abandonne une partie nouée, l’adversaire peut toujours revenir. Il ne sait pas jouer et je n’ai plus le temps, mon train est en marche. 

 

Ontos, Ontos, les manettes se perdent. Je leur mettrai la main dessus. Plus tard, plus tard.

Ce qu’il y a de plus dur, c’est de voir s’encrasser dans le siège de ses germes, des nœuds douloureux, ceux de demain.

 

Étau, résistance à l’humanisme de source, byzantin, être d’espaces sombres par trop d’amour. Oui, par trop d’amour, parce que l’excès vous pourrit jusqu'au saisissement.

 

Je ferme la porte latérale du cœur. Je me hâte, j’avance, je cours.

 

Sur ma route, sur mon tronçon, je vois d’autres caboches qui gomment l’ignominie et l’érigent en splendeur, fabriquée. L’humain est si bête dans son désir de galerie rangée quand le tumulte enfoui s’entend.

 

Rangez, rangez, mentez, mentez, intervertissez, il y en aura encore. C’est juste grotesque de faux, d’absence de véracité et de petit amour de soi. Laideur. 

 

Mon train se rapproche, je le fais patienter. Je regarde l’autre versant : il y a du Beau. Quelle aubaine !

 

Le cœur, tout comme la bouche, tout comme la plume du Scribe accroupi, a plusieurs ouvertures ensoleillées. 








Lettre à Drus, L'Inédite, Eva

 




Voici une lettre inédite de Claire à Drus, Epilogue d'Eva. 

Je suis tombée dessus. Je la trouve fortement ontologique.


Claire était dans son salon, un Martini rouge à la main. Elle ne savait comment s’y prendre pour faire parvenir à son époux son désir de lui parler, de lui dire les choses, de lui poser des questions, d’écouter attentivement ses réponses. Elle voulait tout mettre à plat une bonne fois pour toute et ne plus revenir là-dessus. Les redites n’étaient pas trop dans sa façon de faire, d’agir. Elle avait en détestation l’obsessionnel. 

Ernest était en dehors du monde palpable, bien loin, au beau milieu du pré de l’inconscience.

 

Elle se mit à son bureau et écrivit une longue lettre à l’ami de tous les instants, Drus.



 

« Cher Drus, 

 

Les mots se bousculent, les interrogations aussi, dans un silence difficile, en ce moment. Je hais ce qui m’échappe et vous le savez. Et, ce qui n’est pas en ma possession pour l’heure, est bien la clarté des choses. J’ai, quelquefois, l’impression qu’Ernest m’envoie des messages codés et je n’ai ni l’oreille ni le temps pour cela. J’ai épuisé mon lot de patience et je ne suis pas bigame comme lui. 


Ah, l’horreur de ne pas savoir ce que l’on veut ! Comme si j’allais me prêter au jeu de ses allers-retours entre sa sulfureuse Eva et ce que fut notre vie, il y a des siècles, me semble-t-il.

 

Vous le savez, vous Drus, que jouer n’est pas dans mes cordes, ni dans mes désirs, encore moins dans ma volonté. Je serai prête, demain, à tout réparer, à lui remettre sa lettre que je n’ai même pas ouverte, à ne plus humer le musc noir qu’il dit tant aimer. 


D’où vient-il ce musc d’ailleurs ? A quelle intimité est-il lié ? Qu’est-ce que ces confusions de genres ? Qu’ai-je à voir avec des fragrances de lui ou d’elle ou de je ne sais qui ? Mon monde de senteurs est marin moi et libre, totalement. Il ne saurait être capiteux.

 

Ernest est dans l’obsessionnel à répéter les mêmes rengaines depuis la rue Mogador et la péripatéticienne du réverbère. Je ne lui répondrai plus. Pourtant, j’ai dit, redit, expliqué, signifié, conclu mille et une fois.


L’absence est signifiante, c’est tout. J’aurais trois ou quatre questions à lui poser. Je lui prêterais l’oreille attentivement, patiemment. A défaut de le secouer dans tous les sens, de remettre en place tous les fusibles sautés et par là même, la maîtrise de soi.

 

L’amitié est belle, voilà pourquoi je vous écris. Le reste est compliqué. Très. S’il s’avère que pour Ernest, cet entre-deux est possible, parce qu’il pense y avoir droit, pour n’avoir pas assez vécu, parce qu’il a soif de ce qu’il ne connut pas, je serai violente. 

Non, je ne jouerai pas et je n’attendrai pas et je ne compatis point. J’ai œuvré dans le solide, le reste est fortuit.

 

Vous voyez Drus, vous qui pensiez que notre amitié aurait pu évoluer différemment, je n’en crois rien. Cela aurait été forcé. Je n’ai pas quitté mon monde encore avec ce partenaire à l’ouest … Je serai signifiante cher Drus. 

Qu’attend-il de moi ? 

Que je le comprenne dans ses tergiversations ontologiques ? 

Que je m’accommode de ses pérégrinations ? 

Que j’intègre Eva dans mon équation ? 

Que je fasse preuve d’indulgence vis-à-vis de ses pertes existentielles ?


Non. Tout est réparable à l’heure où je vous écris, absolument tout. Afin que je quitte vite fait ce traquenard. Je n’aurais jamais dû m’en accommoder. Par patience. Je m’appelle Claire.

 

Cher Drus, merci de votre présence épistolaire, si précieuse. Je remettrai très vite la main sur les commandes fermes de ma psyché directrice.

 

Amitiés intelligentes,

 

Claire. »