samedi 20 décembre 2025

À quoi s'amuse Sélima Tria ?

 

I.


La Marsa 🐚


 

Novembre. 

Deuxième rencontre avec Sélima Tria depuis sa dernière exposition. Cafés et nous voilà directement sur son porte-folio. Ce qui me saisit chez cette jeune femme, c’est son travail, ses lignes enchevêtrées, ses figures ludiques, son tracé noir et ses couleurs, ses espaces saturés et ses béances, sa réinvention du réel ... 

C’est qu’elle revient de la Porte des Enfers. Avec la détermination, le sourire, le temps accordé avec patience aux enfants via ses ateliers, le travail, l’amour de Carthage, de son équilibre naturel d’antan et d’aujourd’hui, toujours questionné, toujours désiré …

Il y a de l’espoir. Assurément. Et j’adhère à cette philosophie de l’Être debout.


 

Joue-t-elle ? De son temps ? De la vie ? De l’espoir ? Des moments de doute et d’angoisses existentielles inhérents à tout humain et de surcroît aux êtres de créativité ? 

Remplit-elle sa toile ontologique pour n’avoir à voir et à concevoir que le vivant, le dynamique, le conceptuel et l’artistique ? 

L’art n’est-il pas Vie permanente, refus du vide, du laid, de l’inexpliqué et de l’arbitraire ?



Information : 

Sélima Tria reconduira son monde le 10 janvier 26 chez Kalysté. Jusqu’au 31. 1. Et c’est heureux.

 



 

II.


Entre L'Alsace et Bâle.

 

J’eus la primeur du travail de l'artiste sur le plateau helvétique et cela m’interpella. J’ai un rapport aux mots fait d’authenticité et d'exigence extrêmes et sans cela, c’est aride. Ce fut parlant et libérateur. D'autant qu'à ma droite se tenait une autre artiste. Des lectures plurielles, conséquemment. 



1.


Une réminiscence Guernica ? Des bouches béantes ? Des yeux interloqués ? 

Que voit-elle ? 

Une image contenant dessin, croquis, illustration, art

Le contenu généré par l’IA peut être incorrect.

 

 



2.


De la détermination.

"Je prends la Vie à bras le corps. C’est décidé."

C’est ce que semble signifier ces œuvres, ces personnages, leur conceptrice peut-être ? Ou mon décryptage de dilettante ?

Expressivité des visages et personnage loufoque au centre ? 

Une image contenant dessin, croquis, art, illustration

Le contenu généré par l’IA peut être incorrect.

 

 



3.


Vie intense et besogneuse entre hommes et animaux dans une ville survoltée. Vie d'abord, Vie surtout. 

La girafe dit les hauteurs à toucher. Sans objection aucune. Nous toucherons les étoiles, s'il le faut.



 

4.


Janus, dieu romain protecteur - qui inaugure janvier, le mois ouvreur et introducteur et la régénération -  bifront, au double regard, vers le passé, vers l’avenir ; dieu protecteur de la fin et du commencement, des transitions. Dieu dynamique ? Que vois-je dans l’imaginaire artistique conscient ou inconscient de ST ?  Une mythologie criante et fort colorée ? Vivre à tout prix.

Parce que dans toute créativité, le seul intérêt est de faire éclater une signifiance latente. La sienne, la leur, la mienne. D’où l’intérêt indépassable de toute forme d’expression. Il nous semble. Du moins. 


 

 

 

 5.


Et puis, cette enfance qui nous colle aux neurones. Ce lieu décxomplexé de tous les possibles. Cette liberté sans prix. Cette ingénuité. 

Ni voir, ni croire. Juste réinventer.






6. 



Et puis encore, cette femme en chair, à la Botéro. 

Ce clown, aussi, entre fêlure et amusement, constance et sentiment de vacuité … Qu’en penser ? 

Interroger l’art reste une nécessité existentielle et ontologique.






 

Quelquefois, les êtres humains sensibles jettent leur temps dans l'inutile et campent dans l'apathique, dénués de forces agissantes. Et puis, ils retrouvent leur moi profond et libre et ils mettent les bouchées doubles. 


Histoire de crises au sens psychanalytique. 


Me revient à l'esprit cette phrase d'une amie en devenir : " Cette histoire-là me prit dix ans de Vie."

Cher payé, répondis-je, tout bas.


C'est qu'interroger l'Art est affaire de réminiscences. Je suis en hauteur. Dehors, il fait froid. Mais il fait très beau et très calme. le cheval hennit et nous irons le voir, ma fille et moi. Il nous appelle. C'est quelque chose, ici. Quiétude extrême.

Et puis, j'ai le travail de Sélima Tria et je lui pose une infinité de questions. Des connexions synaptiques intenses. Et les réponses affluent. 


Je pense à cette amie en devenir qui se rattrape sur le temps, le mal, derrière, aujourd'hui. Cette amie en devenir qui met de nouveau la main sur son désir de Vie. Une manière de se ré-approprier son être, renouvelé et palpitant, et de tomber, consciemment, dans le pluriel. 

Parce que férue de Créa. 


Chez ST, c'est concevoir, tracer, colorer, reprendre des marques éclatées et vivre à 1000 à l'heure, dans ses traits et ses teintes, son frère à droite et le coeur pas très loin. 



7.


D'une esquisse à une autre, entre plain et vide, je sens une respiration nourrie de patience, d'humilité et de renouvellement. Et puis ce dessin, tunisophone, qui nous lancine profondément. Entre trois temps-phares. Nous voici encore dans des atermoiements socio-éco-politiques hagards, à chercher une quiétude si difficile et si voulue. Nous les quinquas +. 

Entre, le père, le fils et le flou silencieux, non moins juste, selon moi ... 


Sommes-nous les Sacrifiés du XXIème siècle ? 




 

8.


Je préfère embarquer vers l'Inconnu. Il a le mérite d'être coloré, d'être en devenir, au vu des marqueurs qui échappent à ST. Ou encore tenter l'arche de Noé de la Créa.







Serait-ce l'État de nos neurones aujourd'hui ? Nous, les quinquas +, aujourd'hui, là-bas - je n'y suis pas pour l'heure - et maintenant ? 





9.


Et puis, regardez, l'heureux lapin aux dents au-devant, heureux de son ignorance, qui sautille en Pierrot décomplexé. 








Ce qui m'interpelle dans le monde de Sélima Tria, c'est à la fois, la conscience criante et la continuité obstinée : " Je sais, mais j'avance, j'invente et je réinvente. ", semble-t-elle dire, sans mots. Tout en touches diverses. 



10.


Et c'est le printemps et c'est carnaval, l'éveil, le désir, la Vie.




11.


Vaste projet comme en témoigne cette tête de femme cogiteuse et besogneuse. Un point commun à tous ceux qui s'inscrivent dans le travail, la réflexion, le faire, l'expressivité, la Signifiance. 





Il est temps malgré le bon froid helvétique d'aller s'adresser au cheval hennissant, la tête emplie de dessins et de traits, de couleurs et de compositions. Je ne regrette pas ce temps passé à élucider le travail de ST, à lui demander de m'appeler, d'autoriser une maïeutique combinée entre ses oeuvres et mes pensées grippées, mais non moins en besoin de s'exprimer.


ST est résolument contemporaine, je l'ai déjà écrit la fois dernière. Son vécu fait de chocs et de résolutions me touche. J'aime sa posture debout, son dynamisme renouvelé, ses interrogations du monde et des hommes, leurs capacités à savoir avancer, à décider de mettre le pied à l'étrier, à se surpasser ... 

Peu sûr, pour certains, un moteur pour d'autres, rares ... 


Veuillez trouver ici, ma lecture de ses fabrications sensibles, au fil de mots à demi dits, presque de confidences, des uns et des autres. Le tout enchevêtré entre lignes, tracés et les mots si chers à ma trajectoire personnelle. J'essaierai d'être présente au vernissage. 


Puisse-t-elle peindre le cheval qui hennit derrière le chalet et que nous allons rencontrer de ce pas, Divine et moi. 











*Philosophique S












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