mardi 14 novembre 2023

Mes hommages, chère Madame

14 nov. 2023 

Carthage, Cabinet de coaching psychologique et PNL









« Je veux être le témoin de mon temps, je veux dire les choses et être juste. Je crois que j’en ai vu pas mal, je crois que je sais distinguer le faux du vrai. Mon regard est bien aiguisé, c’est une question d’âge.


 

Je discutais avec un éminent Monsieur, il y a peu, et il m’a exprimé son sentiment sur mon travail. 


 

-   Vos références ne sont pas communes, me dit-il. Tout le système derrière est peu accessible, insaisissable du personnage lambda … 


 

Je lui signifiai que j’avais ma communauté d’esprit, mon petit monde de décortiqueurs. Qu’il allait être déçu parce qu’ici, seule la vacuité marchait avec son cortège d’inepties. Ici et ailleurs.


 

-   C’est joli, léger, formaté, gonflé, souriant, cillé, décérébré à l’infini … et cela plait, lui répondis-je.

 

 

 

C’était un grand Monsieur habitué à l’organisation, au travail minutieux et il voulait lui aussi être le témoin de son temps en rendant compte d’une vie forte, riche et pleine de rebondissements. Certains logiques, d’autres inattendus. 


 

-      J’ai encore à l’oreille le bruit des bombes et je voudrais exprimer toute l’injustice que je vis, enfant, en temps de colonisation. Terrible de se sentir écrasé chez soi, mais jamais nous ne fîmes allégeance, jamais. Même nos femmes, en cette époque lointaine s’emmitouflèrent et portèrent les armes à la Résistance …








 

 

Tout l’intérêt de prêter l’oreille à l’intelligence était là, à la droiture, aux principes et à la fierté. C’est plutôt cossu. Ce qui, par ailleurs, fixa mes choix assez tôt, à peine sorti de l’enfance. 

 

La rigueur, le sérieux et la droiture. Je suis de ceux qui détestent le verbiage et la gélatine coulante.


 

 

Je viens donc aujourd’hui vous parler à vous, mon écouteuse, du grand intérêt des mots, de leur signifiance et de leur impact sur ceux qui les saisissent, peu nombreux certes, mais bien existants. 

Les mots pour dire la vérité, les mots pour être juste et honnête, les mots pour laisser la trace d’une histoire, la sienne ; ou de l’Histoire, celle de tous. 


 

Cet éminent Monsieur a l’intention de laisser sa trace en faisant part de ce qu’il vit, entendit et vécut. Une participation qui sera sûrement édifiante et qui s’ajoutera à toutes les autres, l’essentiel étant la parole libre et vraie ; ce qui distingue un travail d’un autre, en réalité.

 

-       Ce qui m’importe, me dit-il, est d’exprimer ce que j’ai senti durant mon existence. Ce que moi, j’ai senti au fin fond de moi-même, par l’esprit et par le cœur.

 

 

Et c’est précisément cela, les mots : des accents de vérité. Et quelquefois, ils vous remuent et vous font monter les larmes aux yeux.


 

Moi-même, je dis les choses. Et vous le savez. Et je le fais en me référant à un code de droiture et d’honnêteté. A une échelle de valeurs et de conviction intime et je refuse de m’en séparer. Je ne le peux, en vérité. 


 

Suis-je dans le mensonge quand je dis les faits ? 

Suis-je dans l’erreur quand j’interroge l’Histoire lointaine ?

Me trompé-je quand je refuse totalement de mettre les hommes sur deux plateaux de balance inégaux ?

Suis-je à bannir parce que l’or de l’un ne le rend pas meilleur à mes yeux face au dénûment de l’autre ?

Quelquefois mon esprit se trouve dans une telle confusion que je ne sais plus regarder le monde parlant, le monde qui gesticule, le monde qui tape du poing sur la table … 

 

Qu’est-ce que cette démagogie ?

Comment peut-on être autant imposteur ? 

Comment ne pas admettre les erreurs du passé ?

Faut-il pour vivre ne s’entourer que de ceux qui ont un sens aiguisé du vrai ?


 

J’avais besoin en me levant ce matin de venir vous entretenir de mes égarements et de mes certitudes. Quelquefois, il m’arrive de désespérer du genre humain. Mais je ne me laisserai pas écraser par le poids de mes artères, ni par la malhonnêteté des falsificateurs, ni par les démagogues en costume gris anthracite.


 

Je manierai les mots. L’éminent Monsieur dira l’impérialisme du riche et son mépris de l’impuissant, il dira son devoir de gestionnaire international. Nous raconterons nos histoires, l’Histoire afin de contrebalancer la voix des imposteurs.


 

Merci de l’écoute, chère Madame, mes hommages. 

Oui, je suis d’un autre temps, mais ma voix se fera entendre. La sienne aussi. 

Nous avons pour nous, l’honnêteté, c’est beaucoup. 

Allez, je prends congé et je payerai votre assistante. »


 

Il quitta le cabinet et prit comme à chaque fois, le chemin de la mer.














 

lundi 13 novembre 2023

Les noms viennent toujours après

 Sous l'épée du texte de service ...







I.



 

 

Sur le dos, les oreilles sous l’eau iodée, je m’entendais respirer et vivre.

 

La sensation était fort ontologique : j’existais. Et j’oubliais le visage menaçant de ce personnage qui promettait de raser. J’oubliais les morts, les enfants terrorisés, les femmes souillées. J’oubliais l’horreur. J’oubliais l’autre fou qui, placide, prenait la parole pour dire que la région sera définitivement rayée de la carte …

 

Je m’entendais respirer et vivre et j’oubliais que les politiques sont des monstres et qu’ils prétendent s’exprimer au nom des peuples. Les politiques doivent être arrêtés et enfermés. Des Fous grisés par le pouvoir, des esprits courts, vite oublieux des valeurs et qui tombent rapidement dans les surenchères de la violence. ( 14.10.23 )


 

 

II.



 

 

Canaan, une terre comme une autre où vivaient des « ethnies ». Des êtres humains en somme. Au II ème millénaire avant J.-C. 

 

Les Cananéens ne se savaient pas cananéens, les noms viennent toujours après. 

 

Toujours est-il qu’ils vécurent tous ensemble, eux, les autres, les voisins, ceux de la source …

 

Les conditions difficiles, la famine ont toujours été à l’origine des déplacements. Parce que, seule, la survie importe aux êtres vivants, elle seule. Question d’instinct de conservation.

 

Et puis, ils crurent bon de faire valoir un argument d’autorité : L’Éternel.

Au nom de L‘Éternel.

 

Ils sont les fondateurs du monothéisme 1500 avant J.-C. 

Eux, c’est-à-dire nous tous, à ce moment-là. 

Le groupe se scindera plus tard, avec le christianisme après la naissance de Jésus, en l’an 1 et l’islam, 622 après J.-C.

 

Et la famine fut mise de côté pour édifier Son histoire. Chacun, à sa période, se mit à l’écrit. Se mit à ériger et à soumettre. S’ensuivirent rapidement les tribunaux, l’apostasie et la mécréance. 

 

Nous sommes un pied dans l’histoire, l’autre dans le mythe, les deux dans l’archéologie passée et présente, qui seule a la parole juste. 


 

 








 

 

III.



 

Le bruit des bottes se fait entendre. Abominable.

Nous avions fait la sourde oreille, le temps d’un temps léger et heureux.

Cela faisait bien longtemps.

 

 

La terre est à tous et la propriété est vol. Il l’avait bien compris, lui, le penseur et le théoricien. 

 

Pas les autres. Pas les hommes assez globalement. Posséder les domine, les fait haleter, les fait commettre les pires exactions et au final, ils partent et n’emportent que leur linceul, pour les meilleurs. 

 

Et il pleut le viol, les enfants torturés et tués. 

 

Et manifestation rageuse de force extrême en riposte. Et il pleut des morts, des blessés, des enfants au plus mal, des déplacés, sans nourriture, ni eau, ni aide acheminée. 

 

Cinq semaines de destruction, de mort, de bombes, de chars … 

 

L’homme rase l’homme sur une terre qui n’appartient à personne dans l’absolu, qui appartient à tous, qui appartient aux deux, en réalité, depuis Canaan, où dans laquelle vécurent les deux, à l’époque où la notion d’État n’existait pas, où ils étaient voisins. Ceux de la montagne, ceux de la source. 

 

Les puissants stratèges, la force financière, la loi du plus fort, les pogroms, les Grandes Guerres, l’ignoble holocauste, la culpabilité des États totalitaires, le suprémacisme, et bien avant et toujours, le mythe devenu argument d’autorité, devenu sommation divine sont au cœur de ce conflit - sans fin visiblement - où deux groupes ont décidé de s’élimer sous les yeux du monde, silencieux, hypocrite, complice … 

 

Le monde qui continue à berner avec des slogans d’un autre temps afin de ne pas voir ce qui se passe aujourd’hui, afin de baisser les yeux devant l’évidence, afin de dire qu’il paye son tribut aux victimes d’hier devenus bourreaux aujourd’hui. Parce que les victimes d’aujourd’hui ne représentent pas une force imposante, parce qu’elles ne pèsent pas dans la balance mercantile.

 

Pourtant, il n’y a que la Paix qui vaille. Il ne s’y était pas trompé. 

 

Le seul combat à mener. 

 

Sur une terre, lot de tous, où seuls le consensus, les lois, leur rigoureuse application, le respect qui leur est inhérent comptent. 

 

Les hauts stratèges et les politiques en sont les responsables avec leurs démarches d’instrumentalisation de tout et de n’importe quoi pour asseoir leurs diktats financiers. 

 

Parce qu’en vérité, il n’y a que cela. 

 

Un monde fou et sanglant où le civil n’a jamais pesé lourd. ( 13.11.23 )



 

 

IV.




Toute la lumière que nous ne pouvons voir

A.Doerr

Un souffle puissant, une sensibilité à fleur de peau, un humanisme profond et un texte d’actualité. Parce que les mots sont le remède de tous les maux. 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 

jeudi 12 octobre 2023

Je voudrais dire aux hommes









 


Je voudrais dire aux hommes leur cruauté et leurs nœuds.

 

Je voudrais leur dire leur laideur et leurs injustices.

 

Je voudrais dire aux hommes que toutes les puissances bâties sur l’oppression imploseront, exploseront et disparaitront.

 

Je voudrais dire aux hommes que terroriser est ignoble, inhumain et fou.

 

Je voudrais dire aux hommes que ce qui distingue l’humanité est le génie, est le rationalisme, la main tendue, sont les solutions de réparation … et non le massacre de tout sur son chemin.

 

L’humanité est laide de son injustice, du séparatisme, de son individualisme, de ses racismes multiples et pluriels.

 

Honte aux humains qui ne se soucient que d’eux-mêmes, qui ne s’impliquent pas pour les plus faibles d’entre nous, qui ne tendent pas la main, qui soupèsent, évincent, écrasent le faible et l’oublié …

 

Les invisibles sont avec nous, entre nous, à proximité … Que prévoit-on pour eux ?

 

Honte aux puissances qui jettent leur surplus pour des raisons de marché alors que des milliers d’enfants et d’adultes meurent dans l’oubli quasi général.

 

Honte aux dictateurs, aux spolieurs, aux gouvernants infâmes, aux décideurs-stratèges qui se nourrissent du dénûment des autres.

 

Honte à l’humanité qui ne se penche pas sur la famine, sur le mal, la carence, le déséquilibre, les yeux chavirés de faim, les corps tordus de carences, la vie qui devient mort lente et visible …

 

Je ne sais ce qui se passe dans l’esprit d’un affamé, mais je lis l’horreur dans ses yeux. L’horreur de vous et de vos paramètres socio-économiques.

 

Quelle valeur possède la vie quand la mort est simultanée ?

 

Quelle valeur de votre monde devant la fragilité, les pathologies, la précarité, la fin lente et déshumanisante, les humains à terre, les humains déchirés, les enfants, femmes et hommes en loques, les sans-abris et les perdus de l’esprit ? 

 

Quelle valeur de vous, de vos personnes et de votre aisance ?

 

Le déséquilibre est-il survivance ?


Je voudrais dire aux hommes leur horreur. Pourtant nous sommes beauté et coeur.

 

Je ne sais plus penser. 











mercredi 11 octobre 2023

Le naufrage de l'humanité

 






Freud avait eu raison, le père de Fred Uhlman aussi. Ben Gourion lui-même quand il dit sans détour que tôt ou tard, les problèmes avec les Palestiniens prendront des proportions importantes.

Pourtant la terre est vaste.

Pourtant tout est mythe.

Pourtant tout un chacun a droit à un minimum de dignité. 

Et le terrorisme ne vaincra pas. 

A moins de détruire toute l'humanité. 

Les stratèges de l'ombre sont les responsables de ce naufrage de l'humanité. 




 " 

Le 26 février 1930, alors qu’on le sollicite pour soutenir la cause sioniste en Palestine, Sigmund Freud, lui-même de culture juive, répond : « Je ne peux éprouver la moindre sympathie pour une piété mal interprétée qui fait d’un morceau de mur d’Hérode une relique nationale et, à cause d’elle, défie les sentiments des habitants du pays. » Quatre-vingt-six ans plus tard, le propos reste d’actualité. Même si l’abjection allemande s’est manifestée depuis, Freud comprenait déjà qu’il n’y a pas de légitimité sans respect de l’autre.


« Je concède aussi, avec regret, que le fanatisme peu réaliste de nos compatriotes porte sa part de responsabilité dans la méfiance des Arabes », ajoutait Freud dans cette même lettre, prédisant ainsi, avec une prescience impressionnante, le chaos qui allait naître au Moyen-Orient dans la deuxième partie du XXe siècle. "

https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/488115/israel-palestine-la-lecon-de-freud?


« Supporter la vie reste bel et bien le premier devoir de tous les vivants. »  Freud







Mal aux hommes

 

 

Je hais le mensonge, les entourloupes et les faux-semblants.

Et je ne le dirai jamais assez. 




Que dire des assassinats ?

Que dire du suprémacisme ?














En ce moment je manque de mots. Je suis désorientée. 


Je hais la violence et l’injustice. Et je ne sais plus trop quoi - ni comment - penser. 


J’ai une tendance à remonter très loin dans l’Histoire des hommes, afin de saisir par moi-même les faits que je connais, évidemment, mais qui échappent aujourd’hui à mon échelle de conviction intime.

 

Je dénonce clairement et ouvertement, la ligne de manœuvre du Hamas et je n’ai aucune confiance dans les partis politiques se réclamant des religions quelle qu’elle soit. 


L’islamisme est une hérésie à mes yeux, un extrémisme et un fascisme. Ce qui s’est passé récemment est tout simplement du terrorisme.

 

Mais peut-on s’étonner outre mesure d’une telle horreur quand Gaza est un ghetto depuis plusieurs années ? 

 

Peut-on nier que la violence et le suprémacisme engendrent la violence ?

 

Oublie-t-on que les carences et, de surcroît, les carences subies sont souvent à l’origine de dépassements et d’excès ?

 

L’enjeu n’est-il pas pour tous d’exister ? D’atteindre un minimum de valeur de soi ? De se réaliser ne serait-ce qu’élémentairement ? 

 

Ce conflit vieux de plus de 70 ans a-t-il des chances d’évoluer vers la paix ? Rien n’est moins sûr aujourd’hui.

 

Les religions et les conflits qui en découlent n’en sont-elles pas l’origine ?

 

Pourquoi l’être humain est-il tombé en esclavage par ce qu’il a créé lui-même pour pallier à sa peur ?

 

Le rationalisme, en perte de vitesse, a-t-il des chances de revenir au galop et au secours des humains noyés dans les mythes dont ils sont les auteurs lointains ?

 

Tout n’est-il pas au final désir de possession et folie de pouvoir ?

 

Et puis, surtout, rejet du pauvre, du malade, du faible, du désargenté, du diminué ?

 

 

Insupportables humains. 

Insupportable humanité. 

Monstruosité du désir de puissance aux dépens des faibles. 

Terrorisme.

Représailles.

Terrorisme.

Représailles.

Et l’Histoire se répète.

Criminalité contre l’humain de toutes parts.

 

 

 

 

 

La terre ? À tous. 

 

La notion d’État ? Inexistante à l’époque.

 

Les religions ? Elles s’en mêlent et c’est le chaos.

 

Les colonies ? Un suprémacisme.

 

L’islamisme ? Un fascisme.

 

La haine ? Une maladie.

 

Les forces ? Inégales.

 

L’Occident ? À la solde du plus fort et d’abord de ses intérêts et de son impérialisme.


Zéro objectivité. Double discours. La valeur humaine est inégale.

 

Serait-ce le bon vieux conflit entre riches et pauvres ? Évidemment. Aussi.

 

Les moyens utilisés ? Terrorisme d’un côté. Répression de l’autre, colonisation.


Et l'indétrônable corruption.

 

La violence ? Terrible. 

 

Je suis désorientée. J’essaye de saisir le plus honnêtement possible. J’ai du mal. 


Je ne sais plus penser. J'ai du mal. Mal.





Paix à tous les sacrifiés qui qu'ils soient.








                                                                                         
 Terrifier