mardi 12 juillet 2022

Quel inconfort ce pays !

 

filmographie nationale






Quel inconfort ce pays !

Quelle opacité ! Sommes-nous des Idiots suprêmes ? Certainement pas.

 

Pourquoi nous assiste-t-on, à chaque fois, de cette manière ? 

Est-ce un retour à l’homme Providentiel ?

 

Le 25/7 a été une libération. Jusqu’à ce que SB et AM, leur travail, soient éconduits sans explications. Commission consultative, certes. Mais la manière et le destour sorti du chapeau du prestidigitateur ?

 

La constitution de KS est l’œuvre de qui ? L’article 5 ne touche-t-il pas aux acquis ?

Nous relevons de la Ouma islamique : Laquelle ? 

Où est-elle ? 

Qui est-elle ? ( Les dictatures arabes ? Les monarchies d’or et de pétrole ? ) 

Que veut-elle ? 

Qu’elle est son projet de vie ? 

 

On ne veut plus du parlement de la honte ! Cela est certain. Mais pas non plus de prérogatives présidentielles illimitées !

 

Nous les cinquantenaires, nous sommes essoufflés d’avoir assisté aux scènes de natation du Président Bourguiba ( 55-75 ont été les 20 Glorieuses de son régime ) !


Nous sommes essoufflés et encore écoeurés par le couple mauve ! 26 ans de règne sans partage. On a même vu une ignorante donner une conférence à l’ENIT, le gratin des ingénieurs ! Et les exemples sont légion. Époque laide à mourir où nous étions acculés au silence pour protéger les nôtres !

 

Après 2011, nous avons assisté à l’émergence d’une classe politique exécrable, à des individus sortis de nulle part autoproclamés politiciens et politologues. 


De l’ignorance, du populisme, de la Corruption, du tourisme parlementaire, du banditisme gravissime de grande route … jusqu’au rejet complet et total. C’est dans ce sens que le 25/7 a été libérateur. 

 

Aujourd’hui, nous sommes dans la confusion totale, nous n’avons ni les tenants ni les aboutissants, écartés. Qu'en est-il de la communication ? 

Rien, nada ! 

 

Non, au parlement de la honte. Pas de blanc-seing non plus ! 

De cela, nous sommes certains. Rien que parce que le pouvoir rend fou.

 

Nous avons besoin de comprendre pour nous prononcer. Épuisés. 

 

Non, le peuple n’est grand que quand son savoir l’est aussi ou, plutôt, l’est surtout.



#Éclaireznous





 

 

lundi 11 juillet 2022

Volatile

 







Billets d’humeur

 

1.

 

 

-       Oui, lui dit-elle, j’ai mis vingt ans de ma vie à les économiser. Et voilà, volatilisés ! Qu’ai-je fait à la vie pour être si peu reconnue ? Et le coup vient de ma chair, de ma propre chair ! Aïe, ça fait mal !

 

 

Je suis chez moi et, comme chaque matin, vers 9h, je nettoie l’espace de ma chienne, j’arrose mes plantes, je vérifie les cloches à cueillir tard l’après-midi, avec la fraîcheur du soir. C’est que j’ai la passion du Jasmin d’Orient que je mets partout et qui embaume mes espaces.

 

Malgré moi, je suis témoin de cette conversation.

 

Une femme âgée mais élancée et à l’allure vestimentaire assez jeune. Un homme âgé, long et maigre, portant Jean et casquette, les joues très creusées, édenté peut-être. Je ne regarde pas, je n’ose pas. Mais j’ai saisi une vie écoulée et très difficile, du dénûment certain. Le désir de vaincre sa condition. Et le temps. 


Une scène marquante. J’eus mal pour elle. Pourtant c’est si facile de tendre la main vers l’autre. Impensable en réalité.

 

 

2.

 

 

Carthage,

Cabinet de Coaching psychologique

 

 

-      Je lui ai appris tellement de choses qu’elle est devenue à son tour riche d’histoires et de savoir-faire. Des histoires autres. Elle joue un rôle intéressant maintenant, ce qui régule l’attitude du vis-à-vis, de tous les vis-à-vis. 

Pourtant, elle vivait dans la brutalité et le manque de considération. 

Et cela a toujours été ainsi : je donne de ma personne. Contre rien.

 

-       Pourquoi le faites-vous ?

 

-   Parce que je suis naturellement riche. Je le crois. Et authentique. Simplement.

 

-       Vous serez toujours à part.

 

-       Sûrement. Mais il y a tout le reste.

 

-       Vous voulez bien m’en parler ?

 

-       Non, ça reste intime. Et la pudeur existe. Je m’en acquitterai.

 

 

 

3.

 

Quelquefois, quand le voile est levé, l’amitié parait dans toute sa nudité, volatile.

 

Quelquefois, quand les yeux sont grand ouverts, l’amour n’est que ce qu’en a voulu le déterminisme. 

 

Baissons le voile, fermons les yeux afin que vie passe. 

 

Tantôt dans le rire truculent. 

 

Tantôt dans le néant.







 

 

 

samedi 9 juillet 2022

Odeurs et pensées

12h42




 

Je n’est pas un autre


 

Sous un soleil de plomb, mon pays est à l’heure du barbecue national voire régional, communautaire, musulman. Et je suis dans ma bibliothèque entre café, grains de tournesol torréfiés - hum … l’odeur ! - pastèque et eau glacée à l’eau de rose. 

 

Les odeurs de méchoui parviennent à moi en dépit de la clim, des fenêtres barricadées en raison de la canicule, de la fraîcheur de la maison et du calme qui y règne. 

Et même si je ne mange pas de viande, ni d’animaux terrestres quels qu’ils soient, des effluves de notes heureuses arrivent à moi du fond de mon enfance. 

 

Un ami m’appelle, je lui fais mes vœux et il me demande si je n’ai pas de souvenirs d’Aïds familiaux. C’est un croyant, un pieux, mais qui jongle avec les préceptes en fonction de son moi et de son épanouissement. A mi-chemin. 


Évidemment, lui dis-je. 


Même si chez mes parents, l’organisation faisait que nous, enfants, mon frère et moi, on ne voyait rien. Par contre, la tablée joyeuse, je l’ai encore à l’oreille. Les convives …

 

Réminiscence. Aujourd’hui, égorger un animal et le manger m’horripile. Ici et dans les supermarchés occidentaux. Peu importe la manière, primitive ou froidement moderne et se pratiquant à l’ombre.

 

De même, j’ai l’œil et l’esprit tellement ouverts sur ce que je sais être la réalité des choses que je ne peux comprendre à quel point les hommes sont dans le mythe. Pour ma part, j’ai mon rationalisme, mes sens, le visible, le palpable, Spinoza, la conviction intime des choses, le temps, la logique …  

 

Croire ou ne pas croire est personnel. Mais les arguments, l’impérieuse nécessité de saisir les choses, le bon grain de l’ivraie, l’apport personnel, s’approprier le culturel pour mieux le déchiffrer, se l’approprier en dehors de toute sacralisation et forger son opinion.

 

Le rite sacrificiel est aussi vieux que l’homme. La peur existentielle de l’homme vient au monde à sa naissance. Les offrandes aux dieux sont des prières - supplicatoires - par peur de la mort. Parce que tout tourne autour d’elle. 

 

Même la flèche du Savoir - fortuit au tout début - de la connaissance, des découvertes, des inventions, de l’avancée technologique, des réalisations humaines … sont une réaction contre la mort. Des offrandes aussi. Mais à la vie, au progrès, au mieux-vivre, au saisissement de ce qui échappe, à la longévité … Des offrandes où l’homme ne pleure pas, ne s’agenouille pas, mais s’implique, se mouille la chemise, se fraie un passage parmi les épines, se déploie.

 

Je crois au travail, c’est ma conviction, avec l’amour des autres, le don de soi, la main tendue, mais surtout le savoir dispensé. Sans savoir, sans déploiement de sa personne, il n’y a pas de vrai mérite. Et, j’ajouterais, que le savoir n’est pas limité à l’académisme. 


La fête est cruciale dans la vie de l’homme et elle l’a été de tout temps. Elle lui offre un sentiment d’éternité, elle libère en lui le rire et l’insouciance, le partage et la convivialité, le désir et l’amour. C’est la fête qui m’est revenue en tête, les fêtes de mon passé d’enfant et d’adolescente. 

Parce que j’ai eu la chance d’avoir vécu chez des bâtisseurs d’ondes positives. 

Je suis à mon tour bâtisseuse de bonheur et les miens aussi, sans aucun doute. 

La chance et les conditions probablement. 

L’intelligence aussi, en toute modestie. 

 

Voilà ce qu’éveille en moi le barbec à ciel ouvert d’aujourd’hui. J’ai même eu un brin de tolérance et moins de colère. Pourtant je me considère comme antispéciste, même si l’homme  - à choisir - reste au-dessus de toutes les créatures, précisément en raison de son déploiement et de sa capacité à construire de la vie, sous toutes ses formes, en complément limité.

 

Non, je ne me nourrirai pas d’une créature venue, comme moi, sur terre. Sous aucun prétexte. Et certainement pas pour des mythes édifiés, par peur ou par supplication ou pour dominer socialement et politiquement. Les mythes sont utiles, mais seulement pour rêver. 

 

D’un tout autre angle, je vis de plain-pied dans l’Histoire, la grande Histoire se faisant, dans un pays où beaucoup, les yeux fermés, croient. D’autres, tentant de démêler les fils inextricables entre réel et fantasmagorie antique. D’autres encore, une pléthore, quelquefois provocateurs et agressifs, agnostiques ou athées ou bouddhistes ou Chat botté expriment de plus en plus leur liberté sur les réseaux sociaux. 

 

Politiquement, on se redéfinit pour au moins la 4ème fois. Le principe identitaire reste important aux yeux de la plupart, j’y suis froide pour ma part, mais je reconnais que c’est utile. Transversalement, cela ne revêt aucune signification et même que c’est dangereux. 


Mais peut-on quand on est classé, par euphémisme, émergeant - ce qui signifie sous-développé en réalité - renoncer à son maigre butin ?

Il n’y a que l’aisance qui ouvre grand le champ des possibles. 

 

L’identité est à la base des ruptures, des séparatismes, des guerres, de la convoitise. 

 

-       Je suis meilleur, dit l’homme à l’autre homme. 

 

Ils sont nés à l’identique, la cuisse de Jupiter est une invention. 

Ils mourront pareil. 

Il n’y a que leur déploiement qui les distingue.

 

 

Oui, l’odorat est, assurément, le sens le plus développé.

Odeurs et pensées.







mardi 5 juillet 2022

Ce pays qui est le mien

Hommage à Hichem Rostom 









M. Rostom, je vous souhaite une très belle immortalité !



 

Pourquoi faut-il, souvent, regretter de n’avoir pas pensé à prendre telle ou telle initiative ? 

 

Pourquoi la prise de conscience, vient-elle, fréquemment, après coup ?

 

Pourquoi oublie-t-on d’aller vers l’autre ?

 

Pourquoi les artistes ne sont pas reconnus dans ce pays ou pas suffisamment ?

 

Pourquoi cette contrée qui s’appelle Carthage n’a pas plus d’ambition, de créativité, d’envergure, d’initiatives, de Panthéon de la Mémoire, pour les hommes et les femmes de création ?

 

Je ne connaissais pas personnellement feu Hichem Rostom, mais sa belle-sœur est une amie proche. Je ne suis pas journaliste, je suis plume, scribe, mais j’aurais pu penser à mieux connaître l’artiste, à le découvrir, à me pencher sur son parcours et à m’y intéresser. Je ne l’ai pas fait.

 

Sa mort subite m’a fort attristée, comme celle de son frère, il y a peu. Comme celle de son autre frère, époux de mon amie.

 

-       Trois frères en une année, me dit mon amie endeuillée.

 

Depuis sur Youtube, je découvre l’artiste, l’homme, l’être humain, digne et sensible et je regrette de n’avoir pas mis mon grain de sel pour signifier à ce Monsieur, sa valeur dans un pays qui ne sait toujours pas, humainement, reconnaitre l’effort de l’autre.

 

L’autre, le Pygmalion, un être de sensibilité. Rien d’étonnant quand il s’agit d'un artiste.

 

 

J’ai tout regardé le concernant sur Youtube, les interviews, les talk-show où il était l’invité de marque et je lui ai prêté l’oreille. Pour combler mon retard. 

 

Hichem Rostom est hyper sensible et digne. Il a la fierté et l’élégance de taire ce qui le froisse de l’intérieur. Froisser est un euphémisme sous ma plume. 

 

Je crois, détecter des choses, des émotions contenues, avec toutes les limites de mon faisceau de saisissement psychologique.

 

A-t-il été trop grand seigneur, par politesse, par courtoisie, par générosité, par besoin de croire et d’aimer la vie ? Je le pense. 


Il est de ces attitudes naturelles chez les êtres de sensibilité et de loyauté qui ne doivent pas être dilapidées dans les contextes insignifiants. 


Mais que voulez-vous ? On ne change pas sa nature.

 

Un Sadikien, très tôt happé par le théâtre. Le théâtre imposé par Bourguiba dans le système scolaire. Un séjour en Avignon avec la troupe du lycée. Le baccalauréat et la France. Sept années d’études, des participations, du travail, du cinéma, une carrière. Et puis, un retour en Tunisie dans les années 90, si j’ai bien retenu et les Sabots en or de Nouri Bouzid. Et tout ce que vous savez, après.

 

Je n’ai pas vu de près le travail de feu Hichem Rostom, mais je m’y mettrai. J’ai écouté l’homme des dernières années. Cohérent, clair, à la narration pesée, passionnée et réaliste, notamment quand il exposa, sur un plateau de TV, les conditions de travail des artistes, leur statut et leurs difficultés à faire valoir leurs droits en cas de manquement aux contrats de la part des sociétés de production.

 

L’homme était déçu dans ses dernières émissions, mais rieur. Peiné, mais nourrissant des projets à venir. Modeste, mais en besoin de reconnaissance renouvelée. 

 

Une série écrite, un casting fin prêt pour un projet historico-romantique, une histoire d’amour entre deux êtres de deux continents et une toile de fond historique, de la Première Guerre mondiale aux années 60, si je me souviens bien.

 

Ce texte, je le veux en hommage à un artiste que je connais très peu, par manquement de ma part et parce que je suis viscéralement anti TV. Un hommage à un Monsieur que j’ai trouvé dans ses interventions, simple et généreux, profondément vulnérable et créateur, fin et communicatif. Il avait la politesse de fermer les yeux devant la médiocrité de l’interlocuteur, de partager avec lui son aisance communicationnelle et professionnelle. 

 

-   Je suis artiste, merci de me reconnaître, de croire en moi. Nous sommes d’accord. J’ajouterais juste que …

 

Oui, j’ai vu cela et vous verrez la même chose en visionnant ses récentes interventions.

 

-       Vous êtes un aristocrate, lui dit-on. Vous venez d’un milieu aisé. 

-    Non, dit-il, je suis d’origine lointaine, un mamelouk. Où voyez-vous l’aristocratie ?

Non, je suis d’une famille modeste, mais d’une famille d’éducateurs. 

Cela, oui ! 

Mon père et mon grand-père étaient enseignants.

 

 

Des réponses qui recentrent les choses. Qui sépare le grain de l’ivraie. J’aime.

 

Respect, Monsieur. Je vous souhaite une très belle immortalité. Et je m’en vais vous connaitre bien mieux. 

 

Je retiens de votre personne humble - admirable humilité - que l’école est la seule chose qui vaille. 

Que l’art est sacré comme vous l’aviez dit. 

Que les formations classiques sont indétrônables. 

Qu’être créatif, toute son existence, est une énergie qui n’a pas de prix. 

Que les vautours seront toujours des vautours. Des charognards. Vils.

Que votre belle générosité a fait de vous un être d’élégance discrète et des autres des nécessiteux conditionnels.