vendredi 3 juillet 2015

Une goutte d'eau rajoutée dans l'océan de sa personne. Eva XVI.


XVI.

 " Il n'y a pas d'amour de l'autre, il y a soi. Seulement soi et l'autre est un miroir qui nous permet de nous voir et de nous découvrir. On a besoin de l'autre pour cet étrange soi, un prétexte pour se frayer un chemin vers une intériorité en jachère. Et c'est pour cela qu'on se débarrasse en premier de ceux qui nous permettent de mieux nous comprendre. Notre rencontre avec nous-même, voilà le véritable amour. L'unique. C'est laid. C'est moche. C'est un état de nature.

Il était trop jeune à cette époque-là et avait besoin d'elle pour savoir avancer. Aujourd'hui, " il a beaucoup roulé ", il n'est plus dans le besoin. Elle n'avait pas calculé, n'avait pas dosé et le voilà qui appuie sur le champignon. Elle savait qu'il allait percuter un obstacle, des obstacles mais il avait appris à rouler seul. Sans prévoir les arrêts nécessaires, les ralentisseurs. Savoir conduire ou le croire nous expose à des tas de choses, nous inscrit dans la vie.

Elle a été un miroir à multiples reflets et il s'est regardé sous toutes les coutures. Sa vision était bonne désormais et il donna un coup de pied dans l'édifice, ce qu'elle battit de patience et de tendresse. De bêtises aussi. Parce qu'avec l'autre, il faut calculer et elle ne le sut jamais, n'essaya point et détestait l'idée. Un état de culture.

En réalité, il était lancé à pleins poumons sur une grande route. Il n'avait pas tort, elle n'avait pas raison. Il fallait grandir, on ne garde pas longtemps ses enfants.
Sauf que c'était sa vraie mère qu'il larguait et qu'elle perdit son homme."

 - J'ai toujours été libre dit-il.

mardi 16 juin 2015

Le temps cisèle et la nature se replie

À vous

A celui qui de tendresse la désarma
D'inquiétudes l'intrigua
De complexités la tint
Et d'un mélange d'enfantillage et de douceur la remit en train

Un enfant et un homme et un enfant d'oublis pétri, de colères nourri, de rancœurs grandi, d'incompréhension heurté. Un enfant homme et un homme enfant et du silence et de l'intériorité. Des chantiers et des constructions, un puzzle et des yeux agrandis de voir ce que les autres ne voient pas ou même s'inquiètent de voir. Un cliquetis de pensées, d'idées, d'idéologies et un isolement. Un isolement accouru, bienfaiteur et aliénant. Car la séparation peut aussi être éblouissante. Mais une séparation malgré tout. Et le laid du quotidien est moins fou. Il vous fait courir, sommeiller et recourir, recourir mais non point couper.

Et puis une silhouette dit-il et beaucoup de candeur au vu du simple fait que ce ne soit qu'une silhouette pour des yeux si beaux mais qui ne s'aiment pas. Ne pas s'aimer et c'est du temps perdu, de la vie balancée au loin dans la méconnaissance de la dimension existentielle, du potentiel heureux. Et puis une éclosion heureuse mais simultanément angoissante. Soi-même de nouveau, un flanc de soi-même et du questionnement. Ce cliché si beau, d'un homme le tenant, tenant un petit être, des bras protecteurs d'amour chargés et des yeux immenses, des yeux graves, des yeux d'incompréhension. Encore.

Et se plonger dans le Savoir à la recherche de mots rassurants aux maux, se plonger, se replonger, s'amplifier, prendre peur, avoir mal et puis être loin devant. Devant les fouilleurs, les "techniciens", les empocheurs ...
Car les flancs font mal et l'incompréhension d'antan nous poursuit toujours.

Un jeune homme aujourd'hui et une construction nouvelle. Des yeux qui doivent s'aimer. Des yeux qui doivent se regarder et puis des yeux chargés d'appétit, l'appétit de vous écouter leur signifier qu'ils sont beaux. Miel et beaux, de grandeur et de désir de s'aimer. Se plaire pour plaire. Et puis à son tour aimer et donner.

A ce géniteur à plein temps, à ce bouffeur de connaissances, à cet être organisé et si confus intérieurement, à cet amoureux du complexe, du rude et du manuscrit, un regard de biais, un regard franc, un regard intérieur, un ressenti vrai et un acquiescement tout sourire au fondement des strates. Un être complexe et si attachant.

Sauf que d'attaches, le monde se délite. La nature s'assèche à force d'avancer. La confiance prend un coup et l'en-soi est reposant du repos des condamnés. L'en-soi, une horreur de vide ...
Oui le temps est traître, il marque les Hommes. Des marques au gré de nos manques. Il cisèle gravement et sa force est là.
Le temps est le plus fort, la nature donne des coups sur la tête du Beau. Il se recroqueville sur lui-même et commence la danse nocturne des forêts sombres.

Quand le Beau dort d'un sommeil lourd, l'amnésie assiège et le tout consiste à faire mine.

samedi 6 juin 2015

La ville était en bas, la vie aussi. XV.

XV.

Claire resta longtemps debout. Elle ne regardait plus sa ville, ne voyait rien ou à peine. Elle se souvint de l'époque où elle était célibataire, libre. Le goût de la liberté n'avait pas d'égal mais c'était un souvenir. Il fallait le sortir de sa mémoire et le remettre à l'ordre du jour. Peut-être. Elle se savait forte. Son homme ou des perspectives en perspective.

" Les Hommes sont complexes et pas forcément maître de leur épanouissement ou rarement. Et puis les Hommes se choisissent en fonction de ce dont ils ont besoin. Souvent voire très souvent. Il n'y a qu'une vérité : la nécessité de vivre. Au premier sens.

Son homme, aujourd'hui, était catapulté à ses manques premiers. Ceux qu'il écarta de sa main quand il fit sa connaissance au vu de ce qu'elle lui apportait.

En était-il de même pour elle ? Elle n'en était pas à son introspection propre. Et puis, elle était pour la stabilité. Elle savait qu'un homme était de toute façon plusieurs mais ce qui lui importait le plus était de durer et de multiplier les airs du plaisir, du beau, du bonheur. Une dynamique que la vie à deux. Une vraie dynamique pour les personnes qui œuvrent et c'en était une.

Il était là-bas, ses pensées chez eux, ses yeux sur elle. Éva. Elle était chez elle, debout derrière la porte-fenêtre, la ville était en bas, la vie aussi. Il fallait la remonter vers elle. Elle s'y mit. "

jeudi 4 juin 2015

Il n'y était plus. XIV.

XIV.

Tout est calme d'un coup et c'est un calme de mort. Parce que les êtres sont légers et parce que les mots sont sans signifiance.

Claire regardait par la fenêtre un paysage d'exception, un paysage d'aisance. Une ville luxueuse et des passants élégants. Un civisme paisible et feutré. Son monde, ses gardénias, ses tapis, ses livres rares, ses figurines de jade ...

Il n'y était plus. Une voix aux intonations graves, une voix d'ordinaire mesurée n'y était plus. Un regard d'homme, de son homme ... et un fauteuil vide. Une vie sans vie.

Claire manquait de mots.

mercredi 8 avril 2015

Je vous aime tous d'un amour à votre mesure

Je vous aime tous d'un amour à votre mesure et votre mesure est mon battement et mon rire.
Je vous aime tous d'un amour vrai, d'un air juste qui fait que je suis là, grâce à vous.
Dans ma solitude encore grande et vitale, il y a votre être à la place sienne. Vous m'allez si bien là où votre mesure se love.
L'existence n'a d'étoffe qu'à travers votre timbre et votre apport.

Il fut un temps où le rire emplissait ma poitrine et mon aire, où les airs du renouvellement naissaient dans le creux de mes mains. J'étais l'artisan d'une vie mienne qui fut grande, resplendissante et étoilée. Grâce au regard de l'autre, grâce aux géniteurs.

Aujourd'hui, de vous voir venir des offrandes de mots tous pleins les murs, je vous le dis tout de suite, je pleure d'émotion. Vous êtes les voix de l'Etre et le chemin est morne sans vous, lourd et aveugle.

Des souffles vos mots, de sens chargés, de raisons d'exister et d'aimer, de se lever et de regarder, de rire et d'avancer. L'Existence n'a de vrai que votre présence, vos pensées, vos mots, votre histoire, vos sourires et votre paix.
Heureuse et heureuse de vous dans mon tracé que je mène à l'encre de votre amitié.

dimanche 5 avril 2015

Polyphonie et/ou Expérience d'Ecriture automatique



- Comment voler à demain les quelques heures d'aujourd'hui ?

- "Comment suspendre le vol du temps de demain ?"

- Comment calmer la douleur lancinante des petites voix ?

- "S'assurer que cette "petite voix" n'est pas une figure intérieure de notre propre douleur. Et ensuite regarder l'autre dans son être, en soi-même, afin de mieux percevoir le son réel de sa souffrance."

- Sur la douleur mienne, il y a comme une éclosion. Une vraie. Elle est bien là mais comme une strate de vie. Apaisée.
Une promesse.

- "En faisant en sorte que ces voix deviennent grandes, très grandes et qu'elles portent dans l'au-delà des murailles invisibles du temps. "

- "Je suis là."

- Je sais que vous êtes là et vous m'êtes précieux. Pour ce que vous êtes. Et non pas seulement pour ce que vous m'êtes.

- Il y a des moments, malgré une emplitude de vie toujours renouvelée, où faire grandir des voix, en faire des forces porteuses est titanesque.

- "Oui, titanesque mais seulement à cause du mal de crâne..."

- Pourquoi des points de suspension après crâne ?
Vous avez toujours cette propension à voir en l'autre un imposteur.

 - " Le crâne, c'est le siège de la réflexion. Avoir mal au crâne, c'est comme si on avait mal à l'idée en quelque sorte. D'où les trois petits points...
La question de l'imposture demeure toutefois très très intéressante et pertinente. Le crâne est-il d'abord le lieu de la réflexion ou bien l'organe physiologique où s'élaborent les concepts abstraits de même que les pulsions charnelles ? Il faut rayer les mentions inutiles, gommer l'imposture qui remet en question la possibilité même de l'idéal. Mais j'arrête là. Trois petits points."

Dialogue avec E.El Bahri, écrivain.

Et puis ...


L'idéal. Un idéal, en effet et puis un temps. Les mots doivent respecter leur signifiance sinon c'est un coup sur la tête du Beau. Les mots, l'air vivifiant et une énergie inexpliquée. J'ai les mots, ils viennent à moi, une ondée de vie qui me fait voir que chaque jour est une éternité. Alors ne jouons pas avec les mots, ils sont par trop nécessaires, respiratoires. Les mots signifient comme l'air anime comme le Beau fait aimer. Et j'ai aimé les mots à travers Lui. Lui qui les rêva très tôt comme seule alternative, comme champ de coquelicots, comme tulipes naissantes et comme fleurs d'amandiers. Il partit tout rempli d'eux et de folies. Lui, le grain du lobe, le rire perlé et la rage d'aimer.

Et puis au milieu de l'obscurité, vinrent d'autres mots et un être complexe ou tout aussi complexe ou différemment complexe. Un être de hurlements, d'excès et de tendresse. Un être d'inconscience et de conscience. Et les mouettes et des échanges muets, des regards en direction de l'océan et de l'ordonnancement et surtout des mots. Beaucoup de mots et une perception fine et étirée. Une sensibilité et une science instinctive des choses. Un être de rire sur le seuil de la vie car pétri d'idéaux. Et puis des mots mais des mots fantasques et difficiles de maïeutique, extorqués quelquefois, forgés d'autres, absents par moments. Une bataille interne semble-t-il ... Un besoin des mots pour cet être heurté, oublié, ballotté, retrouvé, repoussé, repris, arraché, occupé, aimé, appelé, avec un large sourire de dernière minute ... Un enfant auquel les mots échappent les jours de pluie pour devenir volume à l'oreille.
Tes mots te sauvent aujourd'hui au milieu de l'absence, tes mots ont appelé une voix de calme, de paix et de Beau. Mais une voix difficile d'exigences et d'authenticité. Une voix pour qui les mots ont une signifiance religieuse. Alors pèse les mots comme tu sais le faire et ne pas le faire car les mots sont vecteur de vie dans le chaos de sa pondération.

mardi 31 mars 2015

Salammbo-L'Émeraude, J.Ben O.



A la mémoire d'une Dame que j'ai eue le bonheur de connaître et d'aimer.

Belle, élégante et lumineuse d'intelligence. Une Dame et puis une vie et une jeune fille devenue Dame et des Hommes et du génie. Sa progéniture.
Une Dame-Lumière que j'ai tout naturellement aimée. Et ce fut court. Ses mots résonnent de vie : "l'organisation" et puis les siens afin qu'ils puissent Être. Une vie à tout mettre en place dans l'élégance et la structure. Une fumée, la vie. Car partir est d'une promptitude ingrate et insensée.
Une Dame que j'ai rêvée Amie et interlocutrice et proche et riche de vie et d'enseignements. Partie et avec un parcours, tout un parcours, des rebondissements, du bonheur et des peines comme nous tous. La vie d'une femme, la vie d'une mère.

L'image d'un regard clair et presque doré, assise dans sa voiture à savourer une glace avec la nostalgie et le regard attristé de celles qui furent très belles. Elle partit belle et sa voix résonne encore dans les oreilles de celle qui transcrit et qui aima jusqu'à sa texture reproduite, sans qu'elle le sache. Ou peut-être le sait-elle ?

L'espoir d'avoir pu, peut-être, lui avoir fait entrevoir la porte des possibles. Cette Dame qui malgré la Brisure du Gratuit continua à chérir jusqu'à la porte de l'oubli. L'oubli de l'Être et l'envol vers le je-ne-sais-quoi.

Sachez que vous avez été brillante jusqu'au bout, un " air juvénile" et le "nous avons besoin de vous" que le scribe, femme comme vous, s'autorisa. Elle pensait que vous alliez revenir et que des liens de mots se tisseraient, que des liens d'affect se feraient, que de force vous resterez, vous lutterez. Pour les vôtres d'abord et pour l'aura que vous avez eue sur elle, votre scribe aujourd'hui.

La mort est hideuse de méchanceté ou peut-être avez-vous voulu partir de plein gré ?

Fragrance de vie, je vous porte, tous les jours, au sortir de la nuit.