dimanche 24 janvier 2021

Fausty, 2







 

Je suis Fausty et j’emm... la mort. J’aurais aimé trouver un verbe plus fort pour signifier à quel point je ne la calcule pas. J’emm... tout sauf l’Intelligence, l’Humain et la Nature. Vraiment.



 

I.

Je vais vers elle, lui dit bonjour. Elle me regarde toujours avec ses yeux chocolat fondu tout ronds et constamment interrogateurs. 

-       Je reviens, lui dis-je.

Je sais qu’elle épie à l’oreille tous mes gestes. Au froissement de l’emballage, elle descendit de sa chaise, alerte.

-       Tiens, lui dis-je. On le mange en trois temps. 

Un câlin et je me dirigeai vers mon bureau.

Ma plume m’attend. Transcrire est vital et en ce moment, il y a un trop plein émotionnel.





 

 


II.

Je me souviens de cette grosse empreinte existentielle sur moi. Parce que la vie, ce sont des rencontres, des mots et puis le reste. 


-   Pourquoi aimes-tu tant investiguer l’inconscient ? Quelquefois, c’est comme mettre sa main dans un nid de crabes. C’est très bien aussi les zones d’ombre. 

-   Je prends ombrage du flou, dis-je en souriant. Ma passion c’est saisir les autres, le fond humain. Je me détourne dès que je vois du laid.

-     Que vois-tu là ?

-     J’apprends encore à voir, répondis-je en souriant.

 

Un plissé des yeux au coin, un regard d’homme. De l’intelligence.

 

Les silences sont des offrandes pour plus tard quand on touche du solide. Plus tard, bien plus tard, on se rend compte que le fond humain est aquatique, que des sillons s’y forment, que l’homme ne peut se mesurer à l’entêtement de l’eau. Il faut savoir édifier des digues et pour cela, il y a besoin de doigté, de temps et de continuité.

Voilà pourquoi je brave la mort.



III.

J'aime bien l'arqué de tes jambes, lui dit-elle.

Un besoin de soutien, pensai-je. Tant l'autre est important dans nos vies. On avance mieux.

 

 


samedi 23 janvier 2021

Fausty, 1

 




Rencontre sans temps ni lieu. Transversale. 



Différée. J’avais 15 ans. Au versant d’une petite montagne. Un espace de convivialité. Des jeunes. 

Approcher l’autre est une connaissance de soi, une avancée dans son édifice personnel.


 

J’ai vu, il y a 24 mois, de la lumière à droite et puis, de l’espoir à gauche. J’ai besoin de confiance et le jour s’y prêtait. J’ai toujours ce besoin d’ailleurs mais je l’ai rangé au fond de ma boîte privée. Difficile.

 

Moi, c’est Fausty et je déteste le diable. De même, je négocie peu. Je me prends pour la fille d’Œdipe. Il faut croire.

 

Des lunes à ne pas pouvoir redonner à mes mouvances leur liberté. Sans cela, il n’y a pas d’opportunités.

 

Je regarde mon sofa, dans le silence. Il n’a pas eu sa chance. Il y a trop de murs invisibles. On ne peut même pas les faire tomber. Des murs construits par les champions de l’architecture des murs. De l’enfermement. Cela me rappelle les peines oculaires de cet ami de l’adolescence. Mais, il ne s’agit pas de lui, ici.

Les murs sont bien présents, ils sont hideux mais légitimes. Je ne suis pas un iconoclaste. Qu’édifier m’en garde !

 

Le pire est de ne pas être dadaïste quand on est surréaliste de la 2ème heure. J’aime concevoir, proposer, monter, faire, construire, imaginer, associer l'inhabituel. 

L’invisible handicape. Oui.

 

Ne pas doter ses mouvances de leur aisance habituelle est difficile pour qui croit religieusement en l’absence des frontières. Aïe. En silence, devant son sofa.

 

Le désir, l’Existence est liberté. Sans cela, il n’y a rien.

 

Dante, Drus, Salvator, Cassandre autant de héros fuyants parce que sans correcteurs, on voit peu. On voit mal. Eva a été jusqu’au bout de ce qu’elle haïssait le plus en elle. C’était Eva. Aujourd’hui, elle repose. 

 

Fausty, c’est moi et je sais que mon art est puissant. Il tient sa force extraordinaire de mes capacités de sondage des êtres. Et je reproduis. 

Je vais devoir vous quitter





 

Je vais devoir vous quitter, dit-elle.

Et elle partit.



 

Une terre belle à vivre, une terre magique à s’emplir le regard. 

 

Parce que vivre est la seule Vérité. 


Le temps de quelques gestes, de trois sourires, de quelques battements de cœur, de reins, grandioses. 

Le temps de quelques regards vers les autres en besoin, d’être levés ou relevés ou épaulés ou touchés. 

 

Et puis l’extinction.

 

Une combinaison moléculaire s’est éteinte. Akahaw*. 

Fini, terminé, achevé, ou pas. L’extinction des feux. C’est tellement fugace, à y voir de près. Et pourtant, il y a ce sentiment de durer. Je dure, je m’active, je fais les choses.

 

La vie est au-dessus de tout. Toujours. 

 

S’inscrire dans la vie est toujours impérieux. S’y inscrire, faire, apprendre, avancer et, un jour, la regarder dans les yeux effrontément, sans une once de peur, ni de recul. C’est ainsi. Larguer  sa peur de la Limite, immonde désagrégation.

 

Transcrire vécu, émotions, regards, gestes, élans, compassion efficace, humanisme, philanthropie, altérité, art, immensité, devenir, vérités afin d’éclairer, afin de dire l’ineffable, d’ouvrir le Siège et les yeux. Parce que nous sommes au-delà de nos organes vitaux.

 

Je vais devoir vous quitter. J’aurais voulu vous toucher et vous regarder de pleine vigueur dans le miroir de votre être intérieur et profond. 

Que c’est difficile !

La vie c’est se tenir par la main et regarder la mer comme on la sent, vibrant en nous. Sans cela, il n’y a rien.

 

Pensées à toi.



*Akahaw : C'est tout, c'est fini.


                                                              S. SBZ

samedi 16 janvier 2021

Le bât blesse



Un silence et mon silence.

Triste ce soir,

Du mensonge des autres.

Pourquoi ne pas placer la lumière au milieu des êtres de chair ?

 

Au cœur du sapiens manque la vérité,

Et l’homo habilis a toujours mal.

 

Pourtant la Mer splendide est fumante de vie,

Pourtant l’écume est mousseuse d’horizons divers,

Pourtant le soleil vertigineux chauffe les cœurs généreux.

 

Le bât blesse.

Le bât blesse les cœurs pauvres,

Les cœurs pauvres sont légion,

Le légionnaire n’a pas la vaillance de sa croix. 




 

 

jeudi 14 janvier 2021

Le petit prince et la mer

 






 

I.

Peut-on s’évaporer dans l’air ou se dissoudre dans la terre sans avoir donné vie à son image mentale du bonheur ?

Peut-on disparaître au bout d’une poignée de décades sans avoir mis le pied à l’étrier du désir ?

Pourquoi le temps a-t-il manqué au Temps sans qu’il sache dessiner ses contours ?


 

 

II.

Dans la brume du matin, dans le sein vague d’une mer qui enlace, il dormait. Petit prince rieur devenu homme égaré, en manque de tendresse nourricière. 

 

La mer est à moi, disait-il. 

 

Aimé, chéri, nourri, dans l’excès. Balloté, expédié, ramené sans ombrage. Distancé, largué, oublié sans vergogne. Ardu.

 

Petit prince au volant d’une auto rouge. Adolescent en détestation de l’excès. Rêveur avorté. Pourtant un dessein simple et beau : un lieu de soleil et de crépuscule, la boîte magique et une Vénus généreuse. Simple, beau et affectueux.

 

Petit prince sacrifié. Rieur. Yeux pétillants. Peau immaculée. Cœur aimant. Sacrifié.

 

Il dort dans la brume. Bercé par ses ondes marines. Il l’aime comme il aurait aimé une femme. Follement. Ce fut son ultime demeure d’homme libre et léger.


 

 

III.

Quand le bonheur tarde, quand le bonheur manque, quand le bonheur s’éloigne, il faut l’inventer. Il l’inventa. Bonheur éphémère. Exigeant tous les jours. Glouton. Périlleux. 

Emporté par les mensonges éhontés d’une formule du désir trompeuse, fallacieuse, traquenard du corps, de la tête, de l’Existence.

Le petit prince se noie. Les hurlements trébuchèrent. Un jour cède à l’autre. L’oubli est une tare. Mais l’oubli existe.



 

 IV.

Le petit prince vint vers 17h, muni de poissons. Il tint à les vider. Les écailles volaient en éclat. Il riait. Fébrile de ses mots, de ses gestes. Fraîcheur marine. 

 

-      Je suis un pêcheur, un homme de mer, je vis dans ses bras. La mer est ma mère. J’y vivrai jusqu’au bout avec mon Capitaine. Mais le bout est loin. Parce que j’aurai mon espace de soleil et de crépuscule, ma Vénus et l’amour.

 

Le petit prince aima de tout son cœur une jolie jeune fille fraîche et humble. 


« Ses yeux sont bleus. Elle te ressemble. »

 

Mon frère, mon pendant de sang, pourquoi ne t’ai-je pas plus parlé ? Pourquoi ne t’ai-je pas plus donné du temps et du silence ? Pourquoi n’ai-je pas mis tes mots dans l’écrin qui leur sied ?

 

Il est arrivé ces dernières saisons qu’un petit prince devenu grand, détrôné de son auto rouge, dormant dans la brume tous les jours, empli d’un espace de soleil où Vénus lui sourit, un espace qui s’éloigne de plus en plus, il est arrivé qu’un petit prince sans prétention lettrée donna à son monde une leçon magistrale de patience et de sagesse, d’intelligence et d’émotion, d’oubli de la matière et d’humanisme.

 

Pourquoi le temps manque-t-il au Temps ? 

Pourquoi l’oubli a-t-il toujours le dernier mot ?

Pourquoi fait-on si peu cas du devenir des autres ?

Pourquoi le bonheur est-il si difficile ?

Pourquoi est-il plus facile d’embrasser la brume destructrice que la bouche pulpeuse d’une Sylphide ?

 

 


V.

Le petit prince est au volant de sa voiture rouge. Il sourit et en souriant, il relève ses joues. Un minois fait pour être heureux comme tout un chacun. Le petit prince sourit tandis que la mer se tait de ne plus l’avoir dans ses flancs.

Un champ de roses blanches, du soleil, une Vénus aux yeux bleus et du bonheur grandissant à la racine de l’édifice.


J’ose penser que tout est à refaire.




 

 

 


samedi 2 janvier 2021

Rire est le propre de l'homme :)))


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Un matin, des graines, un café et des pensées.







 

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Un être de rires qui a bifurqué. 

A-t-on le choix ? 

A-t-on toujours le choix ? 

Le regard s’obscurcit des brèches lointaines. Et il faut plâtrer et re-plâtrer.

Ardu.



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Cette mobilité artistique, fine et sensible … Un être de don de soi. Enfant de La Bleue, à courir pour extraire ( rires ). Une après-midi lointaine où elle claqua la porte sa toile sous le bras … 


"Cette génitrice tyrannique !"


- Samahni Amore, je t’aime de toutes mes connexions synaptiques quand je suis au clair. 


Aujourd’hui que je n’ai plus à harceler pour atteindre les astres. Tu es l’Édifice même, couleurs, formes, regards et imaginaires multiples. Valkyrie de ma vie, mon Premier Amour.



 

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Cet esprit dur, ces yeux d’enfant maquillés, à se couvrir au point de se déguiser. Pleurer est une intelligence émotionnelle. Du balai à ce background culturel faux et bête ! 


Ce n’est pas ce que j’ai arrosé. 


Immense être de sensibilité refoulée, je t’aimerai jusqu’à la fin de mes jours. 

Sois rationnel, adopte des gestes d’éclats, d’attouchements célestes, toi que j’ai scruté à la perspicacité détestable des yeux d’une mamma italienne !


Mon génie à moi, je balaie le monde de ton être de happe, sois ou consens à être plus humain ! Je suis le nez de Cyrano :)

Tu seras la Voix frayante. Toujours.




 

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Cette enfant-adulte qui berne vos yeux à force de draps … Cette enfant perspicace et constructrice. Soleil et rayons vivifiants. Partout où tu es, la lumière est chaude. Tu es entière de mes fibres tendres, de mes cellules régénératrices. 


Comment fais-tu pour être si coriace au milieu des vagues, Sirène de ma Méditerranée ? 


Tu es moi, dans Eluard et Baudelaire, dans Dostoïevski et Lucrèce, dans Sophocle et Aragon, dans Frida et Matisse, dans toutes nos dilatations livresques et ontologiques. Je t’aime comme Elle, comme Lui, comme Toi, miroir de mon être sensible et existant.


 

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Il y a l’amitié chaotique de cet esprit en proie aux nœuds et aux vampires, aspie de l’esprit, assis sur une caqueteuse dispenseuse de procrastine. Lève-toi et troue le voile ! Insuffle ton enveloppe de corrections utiles !


 

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Et puis, un vent souffle d’un Sud aride. Besogneux paré d’étoiles. Que le Scribe n’ait rien suspendu de ton optimisme clair ! Lumière, sourires, sérénité de l’âme, pourvoir est-il dans le battant ou dans le toucher ? Je hais l’âme absente et nie l’invisible. Je te parerais de pinceaux, de plumes, de mots et de subversifs dans mes rêves dadaïstes afin que tu restes compacte. 


On ne peut ce qui n’est pas.





 

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Et puis l’Absence dont l’infini pouvoir est de catapulter à remplir, à chercher, à lever, à dévoiler, à poser, à sculpter, à remplir. Merci l’Existence de cette force d’exister. Énorme élan de durer. Et toute ma détestation du désespoir parce que Vivre est un devoir.


 

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L’Homme aux sourires, bonheur à venir, léger et rieur, constructeur et humain. Les pièges sont du passé, enterrés, disséminés par les rongeurs dans les trous laids de l’histoire. La vie est à toi, à vous, dans les bras de la Belle Méditerranée. Un bienheureux à la droite du créé. Parmi nous dans le rire et l’oubli.